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 | Sujet: Une association pour pépétuer le souvenir de ... Jeu 18 Mai - 6:39 | |
| Une association pour pépétuer le souvenir de la "voix d'or"
18-05-2006 Cambodge Soir - Un grand portrait en noir et blanc orne la pièce principale de ce logement situé derrière l'hôpital Kossamak. Ce visage, tout le monde, ou presque, le connaît dans le royaume. Un visage qui se confond avec une voix, la “voix d'or”. Nous sommes au siège de l'association Sin Sisamuth, créée il y a un mois par des membres de la famille et des admirateurs du célèbre chanteur disparu sous les Khmers rouges. Sous la présidence d'honneur de la veuve du chanteur, cette association est dirigée par Chhuon Bunly, un Américain d'origine cambodgienne. “Nous voulons préserver l'héritage de ‘l'empereur à la voix d'or’”, explique le président. Plus concrètement, l'association s'est fixée pour priorité, “quand elle marchera bien”, la création d'une médiathèque dans le village natal du chanteur, dans la province de Stung Treng. Cette médiathèque recueillera tous les documents et les enregistrements relatifs à la carrière de Sin Sisamuth et s'intéressera aussi à tous les autres grands noms de la chanson. L'autre projet phare de ces admirateurs de la “voix d'or” est la mise sur pied d'une formation pour les jeunes aimant les arts et tout particulièrement la chanson.
L'idée de créer cette association remonte à 2003. Elle a pu se concrétiser grâce au rapprochement des membres de la familles du chanteur disparu et de ses admirateurs. Jusqu'à aujourd'hui, elle aurait réussi à regrouper un quart des documents relatifs à la vie et à l'œuvre de la star. “Ce n'est pas facile de retrouver des documents parce que beaucoup des proches de Sin Sisamuth sont morts sous les Khmers rouges. Nous sommes impatients de réunir tous les documents sur sa vie avant son arrivée à Phnom Penh”, remarque Chhuon Bunly.
Sin Chan Chhaya, le fils du chanteur membre de l'association, estime que sans le soutien du public, il sera difficile de reconstituer tout le répertoire de son père. “Je ne sais pas combien mon père a interprété de titres parce tous les documents ont disparu sous Pol Pot. Quelle est sa première chanson, quelle est sa dernière? Je n'en sais rien non plus. Pour l'instant, je n'ai collecté qu'une vingtaine de titres composés et chantés par lui”, note Sin San Chhaya, estimant que le répertoire de son père doit compter “des milliers” de chansons. L'une des pistes pour reconstituer le trésor de la “voix d'or” est de se tourner vers les Khmers de France pour qu'ils aillent fouiller dans les archives privées et publiques qui se trouvent dans ce pays.
Aujourd'hui âgé d'une soixantaine d'années, Ouk Sam Ath a été le batteur de Sin Sisamuth. Il a été engagé en 1968 dans son orchestre. Lui non plus ne saurait dire combien d'œuvres sont à mettre à l'actif de celui qui fut son patron. “Je pense qu'à l'époque, près de 60% des chansons étaient interprétées par Sin Sisamuth. Et je crois qu'entre 25% à 30% de ces chansons étaient composées par lui”, estime Ouk Sam Ath.
La veuve du chanteur vit toujours dans la province de Stung Streng. Son rêve serait de conserver la maison natale du chanteur. Elle aimerait que cette bâtisse, aujourd'hui en piteux état, abrite le musée-médiathèque. Mais l'affaire paraît mal engagée. “L'association veut acheter la maison mais l'actuel propriétaire, le neveu de mon mari, refuse, bien qu'on lui fasse une offre intéressante”, regrette-t-elle.
Principalement dédiée à l'œuvre de ce chanteur dont la voix vibre encore à travers les années et séduit toujours les jeunes générations, l'association entend également perpétuer le souvenir des chanteurs qui ont aussi bercé les années du Sangkum. Sos Mach, un des fils de Sos Mat, qui fut en haut de l'affiche à cette époque là, aime bien cette idée. “Je pense que nous pouvons participer à cette association parce que nous avons nous aussi cette volonté de préserver ce patrimoine”, note-t-il.
Au ministère de la Culture, qui détient les droits des chansons dont on n'a pas la preuve qu'elles sont l'œuvre de Sin Sisamuth bien qu'il en ait fait des succès, on approuve la création de cette association. “Cela va dans le sens de la conservation du patrimoine”, se réjouit Sim Sarak, directeur général de l'administration au ministère.
Nhim Sophal |
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