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 La Thaïlande veut revoir les Suisses

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: La Thaïlande veut revoir les Suisses   Mer 9 Mar - 8:49


La Thaïlande veut revoir les Suisses

TSUNAMI
Opération séduction à Phuket et à Krabi. Où le taux de fréquentation est dramatiquement bas malgré la haute saison.

De retour de Phuket, Claude Ansermoz
Publié le 09 mars 2005


A Ko Ping Gan, James Bond est parti depuis longtemps et les vacanciers ne sont pas encore revenus. Image symbole de la côte de la mer d'Andaman, cette île spectaculaire n'est aujourd'hui fréquentée que par les vendeurs de babioles en mal de clients. Dans Goldfinger, Sean Connery y sirotait un Dom Pérignon sur un air de Shirley Bassey; l'amas de formations karstiques prenant même comme deuxième nom celui de l'espion 007.

Quarante ans plus tard, tsunami oblige, le tourisme régional boit la tasse à la place du champagne. Le taux d'occupation des hôtels oscille entre 10 et 20%, en lieu et place des 80 à 90% dans cette période de haute saison. Pour convaincre le monde et les quelque 130 000 visiteurs suisses annuels, dont la moitié de Romands, qu'on peut encore se baigner dans leurs eaux diaphanes, les autorités thaïlandaises ont «convoqué» la semaine dernière un millier d'agents pas très secrets. Des journalistes et voyagistes parés du titre d'inspecteurs de l'opération «Recovery Andaman» (rétablissement Andaman). D'ici août, près de 200 agences de voyages suisses auront visité le pays à prix cassés.

Helvètes dépensiers

Les Helvètes aiment la Thaïlande. C'est même une de leur destination préférée (lire encadré). De plus, comme aime à le préciser Gere Gretz, représentant de l'Office du tourisme thaïlandais (TAT) à Berne, «les Suisses sont appréciés parce qu'ils sont polis et dépensent beaucoup. Ils ont aussi le plus haut taux de fidélisation pour cette destination.» Sauf que près des trois quarts de nos compatriotes morts ou disparus dans cette catastrophe l'ont été ici. C'est, en proportion de la population, le pays le plus touché derrière la Suède. En dehors de la remise en état des infrastructures, se pose donc un problème psychologique, voire moral. «Nous en sommes conscients, poursuit Gere Gretz. Pour nous, il est exclu de faire la promotion de Khao Lak ou de Ko Phi-Phi, où tant de Suisses sont morts!» D'ailleurs, ces deux endroits sont encore dévastés et ne devraient pas être exploitables commercialement avant deux, voire quatre ans.

Mais tel n'est pas le cas de Phuket ou de Krabi par exemple. Là-bas, la vague du raz de marée, de quatre à cinq mètres de hauteur, a certes détruit passablement de petits commerces côtiers qui, mal ou pas assurés, n'ont pas pu rouvrir. Mais les hôtels ont déjà largement rouvert leurs portes. A Patong, les pièges à touristes du sexe ou de la falsification de marques fonctionnent à plein régime. On y vend même, pour 100 bahts (environ 3 francs) un CD-Rom des «meilleures» photos du tsunami. Et ça cartonne! Sur la plage, les photos des victimes se proposent même sous le manteau.

Prix cassés

Pour reconquérir le marché, les hôtels ont donc cassé les prix. Au Chedi de Phuket, Daniel Meury propose par exemple ses bungalows de luxe à 120$ au lieu de 440$. Ce Lucernois installé depuis deux ans dans la région rabâche un discours qu'on entend partout ici: «Si vous éprouvez de la pitié pour nous, venez nous voir!» Ces rabais massifs, selon lui, «ne sont pas une question d'argent, mais de morale. C'est en passant vos vacances ici que vous aidez le mieux la population. Si le taux de fréquentation reste aussi bas, je devrais mettre au chômage partiel du personnel local.» Un personnel local qui a déjà vu ses revenus fondre, puisque près de neuf dixièmes de leur salaire dépend des pourboires. «De toute façon, argumente un autre professionnel sous couvert de l'anonymat, ce n'est pas parce qu'il y a eu une avalanche meurtrière à Zermatt qu'on doit s'interdire d'aller skier à Verbier! Ce qui arrive maintenant est une deuxième catastrophe, un tsunami silencieux qui tue l'économie locale.»

«Le temps fera son effet»

Outre certains arguments douteux qui témoignent d'une obsession de passer à autre chose («Notre religion bouddhiste nous incite à vite oublier les morts» ou «Le tsunami a nettoyé nos plages et notre mer qui sont désormais beaucoup plus belles et propres que jamais»), le TAT a mis en place un véritable plan d'urgence. Qui passe notamment par la formation de 150 garde-côtes, la mise en place d'un musée et d'un centre d'alertes et d'études sur le tsunami, et d'une journée commémorative. «Mais c'est surtout le temps qui fera son effet, estime Gere Gretz. Qui pensait, après les attentats de Bali ou de Louxor, que ces destinations feraient de nouveau le plein? Les Caraïbes aussi, alors que le risque d'un typhon est bien plus élevé que celui d'un tsunami.»
Les voyagistes réagissent.
«Les Suisses ne veulent plus entendre parler de Phuket»

Peut-on encore vendre en Suisse un voyage sur la côte ouest de la Thaïlande? Non, selon André Amsler, directeur de Lotus Voyages, à Zurich. «Du côté psychologique, les Suisses ne veulent pas entendre parler de Phuket, même lorsqu'ils savent que tout est rentré dans l'ordre.» Pour Marco Baiguini, responsable de Fantasia, à Lausanne, «l'émotion est encore trop forte. L'année prochaine, les voyageurs suisses auront fait leur deuil. Ils ont une bienveillance énorme à l'égard du peuple thaïlandais. D'ailleurs, beaucoup de mes clients sont restés fidèles à ce pays, mais ils ont privilégié la côte est, celle du golf de Siam.» Invité sur place la semaine dernière, Thomas Hof, de l'agence zurichoise Trottomundo, conseillera la destination à ses clients, «saut pour Patong, où les traces du tsunami sont encore trop présentes. Et je ne parle même pas de Khao Lak ou de Ko Phi-Phi. S'ils veulent à nouveau attirer des touristes un jour, ils devront se trouver un nouveau nom!»
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