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 Moins on est de fou, mieux on filme

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: Moins on est de fou, mieux on filme   Lun 25 Avr - 8:03





Apichatpong Weerasethakul et Nicolas Philibert, invités du festival suisse Visions du réel.

Moins on est de fou, mieux on filme

Par Annick PEIGNE-GIULY

lundi 25 avril 2005 (Liberation - 06:00)

Nyon envoyée spéciale



ils étaient deux cinéastes invités par le festival suisse Visions du réel. Deux cinéastes appartenant à des générations différentes, venus de méridiens opposés, mais qui semblent perchés sur le même parallèle. Un Thaïlandais de 34 ans, Apichatpong Weerasethakul (prix du jury à Cannes, en 2004, pour Tropical Malady) et un Français de 54 ans, Nicolas Philibert (à Cannes en 2002 pour Etre et avoir). Tous deux saisis «en plein vol», comme le précise Jean Perret, directeur du festival, et amenés à ouvrir les portes de leur atelier de cinéma : expliquer leur façon de faire et de voir. Outre la sélection de documentaires présentés cette année à Nyon, ces deux façons de filmer illustrent la hardiesse de la production. Extraits croisés.

Apichatpong Weerasethakul : «Je suis timide. Faire du cinéma, c'est aller vers les autres mais avec la protection du film, qui reste comme un ami à mes côtés. Mon apprentissage s'est fait à l'Institut d'art de Chicago, j'y ai découvert les films expérimentaux. Je me suis senti lié à ça. Mais j'ai grandi dans un hôpital de la campagne thaïlandaise où travaillaient mes parents. Rentré de Chicago en 1997, j'ai cherché à appliquer cette liberté d'expression en Thaïlande. Dès mon premier film, World Sales, en 1994, il s'agissait de lier ces deux espaces. C'est pourquoi je préfère travailler avec de petites équipes d'une demi-douzaine de techniciens, des acteurs non professionnels et peu d'argent. Pour faire des films personnels, des pièces radiophoniques, des installations... Comme on écrit un livre ou on fait un tableau.»

Nicolas Philibert : «Dans la vie, il y a les "ça va de soi" et les autres. Je fais partie des "ça va pas de soi"... Et j'aborde mes films sans aller chercher des informations, sans voir des spécialistes, mais en allant à la rencontre d'un monde étranger. Celui des sourds par exemple (le Pays des sourds, 1990). Mes films sont tournés à quatre ou cinq et, depuis quelque temps, je tiens moi-même la caméra. Je filme la plupart du temps en super-seize parce que je veux de la profondeur de champ, du grain, des zones d'ombre. Aux grands mouvements de caméra, je préfère les plans fixes qui donnent le temps aux personnages. Je monte seul mes films. Parce que je n'aime pas me justifier, ni qu'on exécute pour moi. J'ai besoin de mes mains pour penser.»

Apichatpong Weerasethakul : «En Thaïlande, on absorbe tout. C'est ce que je fais aussi. J'essaie de ne pas m'accrocher à un style. Mon centre d'intérêt, c'est la culture populaire, les feuilletons, la BD... Comme je ne suis pas un bon narrateur, j'aime recevoir les histoires des autres. Pour les documentaires comme pour les fictions. Par exemple pour Blissfully Yours (2002), c'est la vieille femme qui a créé l'histoire. Je travaille beaucoup par instinct. Au tournage comme au montage. Dans Blissfully, le générique est arrivé au milieu, la première heure devenant une introduction au film. Ce n'était pas prévu mais ça m'est apparu fluide ainsi. Mon dernier film est une vidéo. Une sorte de performance filmée. Cinq jours de prises de vue dans la jungle, avec des chansons d'amour innocentes et la forêt comme personnage. Je veux relier l'esprit des gens à l'obscurité de la jungle. C'est notre côté sombre.»

Nicolas Philibert : «Souvent, j'invente le film au jour le jour. J'aime être dans la fragilité de l'inconnu. Même pour Etre et avoir où le casting a duré cinq mois. On m'a parfois reproché d'avoir fait le portrait d'un maître modèle, d'une classe exceptionnelle, à l'ancienne, mais j'aurais pu faire le même film dans une école de banlieue... J'ai gardé les scènes que je trouvais belles. Peut-être pour me consoler de ne pas avoir été heureux à l'école ! En tournage, il m'arrive de provoquer des situations, mais il faut qu'elles appartiennent au quotidien des personnages. La scène des mains sales de Jojo, dans Etre et avoir, je l'ai captée sur le vif... Je voudrais revenir sur les lieux du tournage, en 1974, du film de René Allio, Moi, Pierre Rivière... A l'époque, j'étais son assistant, et je voudrais filmer, trente ans après, ces paysans qui furent les acteurs d'Allio.»
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