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 Thaïlande : la police safran fait la loi chez les bonzes

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MessageSujet: Thaïlande : la police safran fait la loi chez les bonzes   Ven 12 Aoû - 10:01


Les infractions commises par les moines bouddhistes ont provoqué la création d'une unité spécialisée
Thaïlande : la police safran fait la loi chez les bonzes

Bangkok : Florence Compain
[12 août 2005]

Il surveille les ombres qui sortent de l'aube. Phra Khrusri Rattanakul scrute ces silhouettes drapées dans leur robe safran, qui sillonnent les étals du marché Si Khema, dans la banlieue nord-ouest de Bangkok, et tendent des bols à aumônes que des femmes agenouillées remplissent de riz. Le moine est en mission. Une moucharde aux airs de matrone lui a glissé que deux jeunes bonzes profitaient de leur tournée pour monnayer la prédiction des numéros gagnants du Loto. Bougon et massif, Phra Khrusri Rattanakul est un commissaire Maigret en robe safran. Et ses indics sont des bigotes.


Il y a dix ans, il a pris la tête des Tamruat phra, la police des bonzes, une force d'environ mille moines formés pour lutter contre les scandales qui ternissent la Sangha, le clergé bouddhique. Le commissaire prend la religion au sérieux : «Les moines sont l'âme du peuple», explique-t-il. Alors, il arpente le royaume au volant de sa voiture safran, gyrophare dehors. «Les faux bonzes ne représentent qu'une infime portion des 35 0000 moines que compte le pays, 1% peut-être. Mais cela suffit à donner une image désastreuse de la Sangha», constate-t-il.


Au marché Si Khema, les deux moines incriminés sont en affaires avec une marchande de légumes : d'un air inspiré, ils énoncent des chiffres et des billets de banque sont glissés dans le bol à aumônes. En Thaïlande, bouddhisme et superstition font souvent bon ménage. Le bonze policier observe leur manège et énonce les infractions : «Un code de conduite strict régit la tournée du moine qui quémande sa nourriture. Il n'est pas autorisé à faire du bruit pour attirer l'attention. Il ne doit ni posséder d'argent ni tenter de s'en procurer», selon l'une des 227 règles fondamentales du Paatimokkha, ouvrage guidant la vie des moines. Phra Khrusri Rattanakul appelle aussitôt sur son téléphone portable le supérieur du monastère dont les deux filous dépendent. Ils passeront un mauvais quart d'heure et seront privés de marché pendant une semaine.


Bonzes parieurs, marchands de quincaillerie religieuse, habitués des «chats» enflammés sur Internet : «Même si les fautes ne sont pas très graves, il faut agir immédiatement.» «Tit pen nisay, tit pen sandan», selon la version locale de «qui vole un oeuf vole un boeuf». Car les frasques des bonzes dévoyés défraient la chronique quotidiennement en Thaïlande. Il y a eu le moine qui rôtissait des foetus pour en extraire des philtres d'amour, vendus à prix d'or. Un vénérable qui vendait de l'eau bénite. Certains moines sont même accros aux amphétamines. D'autres encore spéculent dans l'immobilier ou placent de l'argent à la Bourse de Bangkok. Le bonze Yantra Ammarobikkhu a été trahi par les reçus de sa carte de crédit : il fréquentait des maisons de passe australiennes et néo-zélandaises. Face à ces dérives, les éditorialistes parlent de «crise morale et de déclin au royaume du Theravada», le bouddhisme du Petit Véhicule, pratiqué par 90% des Thaïlandais.


La patrouille du «FBI de Bouddha», comme se surnomme cette drôle de troupe qui réunit un guitariste d'un groupe de rock, un ancien de l'armée de l'air et un courtier devenus gardiens de bonne morale, a maintenant repéré une tête inconnue qui dépasse d'une robe orange. Il flâne devant un stand de nouilles sautées. Une erreur grossière : un moine ne baguenaude pas. Encerclé, il tend un faux certificat d'ordination et bafouille qu'il est rattaché à un temple d'un coin perdu dans l'est du pays. Après une série de coups de fil à tous les moines responsables de la province indiquée, l'imposteur est embarqué au quartier général, le Wat Kaew Fha Julamanee, un monastère installé sur les rives du Chao Phraya.


Un faux bonze peut gagner jusqu'à 2 000 euros par mois. Et ne risque qu'une amende de 200 bahts (4 euros) assortie d'une peine théorique d'un an de prison en cas de récidive.

Les trois agents de police en civil intégrés dans la patrouille bâillent d'ailleurs abondamment. Le moine commissaire a mis au point une méthode : il guérit par la honte. Le faux bonze, qui fixait ses pieds depuis qu'il a été démasqué, est maintenant pris de tremblote. Pendant que le chef entonne une incantation, ses sbires retirent l'étoffe dont l'escroc s'était affublé et son bol à aumônes. Ils lui jettent de modestes vêtements, un peu de nourriture et quelques-uns des billets mal acquis et le chassent. L'homme s'éloigne penaud.


La lutte contre les dérives des moines spéculateurs, mafiosi ou obsédés sexuels ne plaît pas à tout le monde. Les menaces téléphoniques sont fréquentes. «Nos frères n'apprécient pas tous notre travail», explique un assistant à l'oeil poché. Et «souvent les suspects résistent».
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