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 La rébellion du Sud de la Thaïlande s'enracine ...

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: La rébellion du Sud de la Thaïlande s'enracine ...   Sam 8 Oct - 18:28



La rébellion du Sud de la Thaïlande s'enracine dans une histoire turbulente
LE MONDE | 08.10.05 | 13h40 • Mis à jour le 08.10.05 | 13h41
BANGKOK de notre correspondant

Les trois provinces méridionales de la Thaïlande donnent du souci au premier ministre, Thaksin Shinawatra, avec des violences que Bangkok ne parvient pas, pour le moment, à endiguer. Avec plus de 1 000 morts depuis janvier 2004, l'insurrection séparatiste et la répression qui l'accompagne continuent de prendre de l'ampleur, et aucune trêve n'a marqué, vendredi 7 octobre, la visite que le chef du gouvernement a effectuée dans ces provinces à prédominance musulmane, dont la longue histoire ne se confond pas avec une simple tradition d'insubordination. Situées sur la côte orientale de la péninsule malaise, Siam, Pattani, Narathiwat et Yala ­ environ 2,7 millions d'habitants, dont 2,6 millions ne parlent pas le thaï en langue maternelle ­ ont été annexées en 1902 par ce qui était alors le royaume du Siam. L'annexion a été entérinée en 1909 dans un traité de Bangkok signé avec Londres, alors puissance coloniale.


C'était le dernier épisode d'une saga commencée au milieu du XIIIe siècle, sous le règne du sultan Ismaïl Chah. Pattani était alors devenu l'un des tout premiers royaumes de la péninsule à adopter l'islam et avait été érigé en puissance commerciale importante. L'explorateur portugais Godinho de Ereidia avait inscrit le nom de Pattani sur la carte européenne des nouvelles terres du monde en y débarquant en 1516. Les historiens du royaume de Pattani citent les noms de quatre reines qui ont dirigé le pays à partir de 1584, jusqu'à lui donner la force de repousser quatre invasions siamoises.

IMPORTANCE STRATÉGIQUE

Pendant plusieurs siècles, les royaumes gouvernant les actuelles Birmanie et Thaïlande se sont disputé la région. L'importance de celle-ci était stratégique dans la mesure où l'étroitesse du territoire séparant le golfe de Siam de l'océan Indien permettait le transbordement par voie terrestre des marchandises réceptionnées dans les ports des côtes occidentales ou orientales. Pattani, à l'occasion, s'est retrouvé en situation de semi-indépendance, mais, la plupart du temps, ses autorités remettaient aux régnants siamois un confortable tribut.

La première implantation politique siamoise durable dans la région remonte à Rama Ier, fondateur en 1782 de l'actuelle dynastie régnante à Bangkok, les Chakri, ce qui explique en grande partie l'extrême sensibilité qui entoure la question du Sud dans la politique thaïlandaise. Des contingents de ressortissants de l'ancien royaume ont été utilisés par le Siam comme supplétifs contre les Birmans ou pour creuser les canaux de Bangkok.

Pendant la seconde guerre mondiale, des dignitaires de Pattani ont cru pouvoir jouer une carte nationale en s'alliant avec les Britanniques contre l'envahisseur japonais, alors que la Thaïlande officielle choisissait de s'en tenir à une neutralité bienveillante. Certains engagèrent des unités dans la résistance antinippone, parfois sous la promesse de création d'une République islamique englobant les Etats du nord de l'actuelle Malaisie. Mais Londres, une fois le conflit terminé, a fait en sorte que la souveraineté de Bangkok soit réaffirmée sur l'ex-royaume de Pattani, tandis que celle de Kuala Lumpur (la future capitale malaisienne) restait à établir sur son propre territoire, encore sous tutelle.

Sans avoir nécessairement conservé la mémoire de cette épopée, les Malais des trois provinces de Thaïlande ont préservé leur langue d'origine, le yawi. Ce dialecte du groupe linguistique austronésien plonge ses racines dans le langage oral malais, mais utilise l'écriture arabe. Le creuset d'origine de cette diaspora ethnolinguistique remonterait à des populations préchinoises de la côte sud-orientale de l'actuelle Chine, émigrées voilà plusieurs millénaires. Le dialecte est similaire au malais parlé dans l'Etat malaisien (frontalier) de Kelantan, mais ne se comprend guère au-delà : seulement 3 millions de personnes dans le monde parleraient le yawi.

TRAFICS D'ARMES

La découverte de gisements pétroliers en mer, près de la côte de Pattani, semble avoir joué un rôle dans le soudain embrasement ethnico-religieux qui frappe ces trois provinces thaïlandaises autrefois rassemblées dans une même entité. Cette influence pèse peut-être plus encore que le militantisme extrémiste musulman affectant l'Indonésie et le sud des Philippines.

La branche rénovée et extrémiste qui se réclame de l'Organisation de libération unifiée de Pattani (PULO) n'en semble pas moins avoir scellé des liens fermes avec le Mouvement pour un Atjeh libre (GAM). Alors que cette dernière insurrection indonésienne vient de signer une paix à terme avec le gouvernement de Djakarta sous les auspices de l'Union européenne, le premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra, a dénoncé à plusieurs reprises des trafics d'armes entre Atjeh et les trois provinces méridionales de son pays.
Francis Deron
Article paru dans l'édition du 09.10.05
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