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 La crise du Sud islamisé de la Thaïlande inquiète ses voisin

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MessageSujet: La crise du Sud islamisé de la Thaïlande inquiète ses voisin   Jeu 4 Nov - 8:43

La crise du Sud islamisé de la Thaïlande inquiète ses voisins

LE MONDE | 03.11.04 | 14h21
Après la répression du 25 octobre, le gouvernement reste ferme face aux radicaux islamistes.

Bangkok de notre correspondant

"Nous ne pouvions pas respirer... Chaque fois que nous relevions la tête, les soldats marchaient dessus", a témoigné Mayaki, un musulman âgé de 25 ans, cité par le Sunday Nation de Bangkok. Entassés telles des sardines, horizontalement et les mains liées dans le dos, ils ont enduré les coups de crosses et de bottes pendant un transport de cinq heures à bord de camions. A l'arrivée, 78 étaient morts, pour la plupart asphyxiés. Mayaki fait partie des 1 178 musulmans relâchés le 30 octobre alors que, sur les 113 autres qui restent détenus, la moitié pourraient être traduits en justice.

Le 25 octobre, à Tak-Bai, district frontalier de la Malaisie, l'armée a réagi brutalement lorsque des musulmans se sont réunis pour réclamer la libération de six miliciens accusés d'avoir revendu leurs armes. Six personnes ont été tuées par balles et trois autres se sont noyées dans un canal. Puis, à coups de crosses, semble-t-il, les hommes et jeunes gens présents ont été arrêtés, y compris les curieux et les badauds, et transférés à bord de camions vers des bases militaires, dans les conditions décrites par Makayi.

L'embarras est grand à Bangkok. L'image de la souriante Thaïlande en a pris un coup. Au pays du tourisme, les méthodes n'auraient donc pas changé depuis l'époque où les militaires régnaient sans partage, voilà trois décennies. En 2003, une campagne contre le fléau de la drogue avait déjà apparemment eu recours à des exécutions extra-judiciaires pour se débarrasser de réseaux de revendeurs et d'intermédiaires. Cette année, la situation dans l'extrême sud, dont la population est à 80 % malaise et musulmane, semble atteindre le point de rupture.

Après avoir dit que les détenus étaient affaiblis par le jeûne du ramadan, ou que certains étaient drogués, et évoqué un "accident malheureux", le premier ministre, Thaksin Shinawatra, a mis sur pied une commission d'enquête, exprimé ses "regrets" et limogé le général en charge de l'ancien sultanat de Pattani, frontalier de la Malaisie et rattaché au royaume bouddhiste en 1902. Mais il n'a pas parlé d'une remise en cause de la fermeté à l'égard des radicaux qui agitent la minorité musulmane, laquelle représente moins de 10 % de la population du pays.

Cette crise, rouverte en janvier après une quinzaine d'années de paix, est devenue une plaie béante le 25 octobre. En Asie du Sud-Est, le choc est profond parmi les musulmans, qui forment plus de la moitié du demi-milliard d'habitants de la région. Associé à la campagne antiterroriste de Washington, le gouvernement thaïlandais a notamment placé dans une position délicate ses partenaires indonésien et malaisien, qui ne peuvent pas donner l'impression de se désintéresser du sort des musulmans thaïlandais.

Le roi Bhumibol Adulyadej, aux pouvoirs limités mais dont le prestige est à son zénith, a exprimé sa "préoccupation" lors d'une audience accordée le 31 octobre à Thaksin. Il a demandé, selon ce dernier, au gouvernement de faire preuve de "davantage de tolérance" et de "permettre aux habitants locaux de participer à la solution des problèmes". Le roi, dont les interventions sont très rares, avait déjà exprimé son inquiétude en février.

Dans l'extrême sud du royaume, les principaux canaux de conciliation avec les communautés musulmanes ont été dissous. Les mollahs les plus modérés redoutent que le ressentiment l'emporte sur toute autre considération et fasse le lit d'agitateurs islamistes et séparatistes.

Retrouvé le 2 novembre, un sac de plastique dans lequel se trouvait la tête d'un chef adjoint de village, de religion bouddhiste, était accompagné d'une note évoquant une "revanche". Mais on ignore encore qui sont les auteurs d'attentats quasi quotidiens et perpétrés par des poseurs de bombes ou ceux qui, juchés sur leurs motocyclettes, tirent sur un fonctionnaire, un policier ou un enseignant. Une quinzaine de personnes ont été ainsi tuées depuis le 25 octobre, portant à plus de 470 le nombre des morts depuis le début de l'année.

En avril, l'armée avait déjà tué 108 "rebelles", dont une trentaine abattus dans une mosquée, à la suite d'attaques coordonnées par des hommes mal armés. La façon dont les détenus de la semaine dernière ont été traités souligne une insensibilité qui n'est pas nouvelle mais qui rappelle les méthodes utilisées par les forces de l'ordre en Birmanie ou en Indonésie, dans les luttes contre des insurrections irrédentistes.

La cause des musulmans demeure, toutefois, impopulaire parmi les Thaïlandais, et Thaksin garde une nette longueur d'avance en vue des élections générales de début 2005.

Jean-Claude Pomont
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