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 la guerre larvée des islamistes contre le gouvernement ...

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: la guerre larvée des islamistes contre le gouvernement ...   Mar 21 Mar - 11:01



Au Sud, la guerre larvée des islamistes contre le gouvernement de Bangkok
De notre envoyé spécial à Narathiwat
21 mars 2006, (Rubrique International)



L'«insurrection» musulmane renouvelle ses attaques, en attendant un nouveau gouvernement à Bangkok


C'EST UN étrange «conflit» sans cause apparente, sans attentats revendiqués, sans communiqués des belligérants, mais avec plus d'un millier de victimes en deux années. Qui, dans le sud de la Thaïlande, une région en majorité musulmane, tue qui et pourquoi ? On ne le découvre presque jamais. La semaine dernière, quinze meurtres sont demeurés inexpliqués.

Un concentré de l'absurdité humaine sous les tropiques. Une miniguérilla larvée, dans le calme paysage de petites villes qui ressemble à celui que découvrent les touristes visitant Phuket, quelques kilomètres plus au nord.

Dans les trois provinces frontalières de la Malaisie, comme presque partout en Thaïlande, ce sont les mêmes routes impeccables, les mêmes bourgades embouteillées de 4 x 4 rutilants, les mêmes soldats ou policiers qui font la sieste ou jouent au volley-ball près de barrages très symboliques où les camionnettes freinent à peine, les mêmes marchés paisibles aussi, bourrés de quincaillerie et de victuailles.

Un ou deux mort chaque jour

On cherche en vain à Pattani, Yala ou Narathiwat, les agglomérations principales de la région, la moindre trace de l'état d'urgence imposé depuis juillet 2005 dans les trois provinces. «C'est une situation de tension plutôt que de crise», confirme un représentant d'organisation internationale, qui sillonne en permanence la région.

Une «tension» qui se traduit par un mort ou deux chaque jour, des musulmans principalement. Mercredi dernier, cinq fonctionnaires ont été tués près de Pattani. Le lendemain, six autres personnes, toutes de confession musulmane, étaient abattues dans les environs, sans que cela trouble le moins du monde les habitants de la ville. La forme la plus cruelle de ces assassinats touche les moines bouddhistes, qui sont décapités. Tous ont fui le Sud.

La violence ici renaît tous les vingt ans, elle est anonyme, secrète, comme les trafics auxquels on se livre de part et d'autre de la frontière. Depuis janvier 2005, cette violence, croit-on savoir, est davantage islamiste, et purement locale. Lors des quelques attaques d'envergure, des groupes bien armés menaient des offensives conjointes contre des commissariats, des casernes ou des bâtiments administratifs. La plupart du temps, les «insurgés» tuent à moto et s'enfuient en semant des clous sur la chaussée pour empêcher qu'on ne les poursuive... Jamais un tract n'explique ces meurtres.

Voyez Abdul Rossa Ali, 52 ans, un propriétaire de magasin, à quelques kilomètres de Pattani. Il montre sa cuisse bandée, il vient de l'échapper belle en sortant de sa maison. «Ils m'attendaient là, à moto... J'ai été touché par une seule balle. C'est sans doute parce que je fais partie de la milice qui a décidé de défendre le village contre eux», dit-il. «Eux» ? Abdul, comme tous les habitants interrogés, «ne sait pas qui sont les bandits».

Mansur, 28 ans, sait parfaitement que ce sont les militaires thaïlandais qui ont voulu sa mort. Miraculé, il habite le village de Homolanas, à cinq kilomètres de la frontière de la Malaisie. C'est à côté de cet endroit qu'une manifestation, en octobre 2004, a été cruellement réprimée par l'armée. «J'y étais allé par curiosité», affirme Mansur. Ses bras, ses jambes portent des cicatrices atroces. Car, inconscient, après avoir été assommé, il a été empilé sous d'autres corps dans un camion militaire où ont péri plus de quatre-vingts jeunes gens traités comme lui. «L'armée a offert aux familles des victimes 3 000 baths (NDLR : 70 €) par mort», explique Souhaime Abdul Rahman, l'imam du village.

«Stages de rééducation»

Même si aujourd'hui les comportements des policiers et des militaires se sont civilisés, cette répression de 2004, menée jusqu'à l'automne 2005, est mise au passif du premier ministre Thaksin. A sa manière d'homme d'affaires exigeant des «résultats rapides», il a provoqué une escalade des actes de torture et des arrestations arbitraires, dénoncés par Amnesty International. Le général Prem Tinsulanonda, principal conseiller du roi, est allé fustiger cette politique à Pattani, en janvier dernier.

Sur la défensive, M. Thaksin a formé une Commission nationale de réconciliation, qui finalise un document de pacification de la région. «Nous attendons un nouveau premier ministre pour pouvoir mettre en place cette politique», explique son représentant, Ahmad Somboon Bualuang.

Aujourd'hui, la police, qui a remplacé l'armée dans le combat contre les islamistes locaux, a établi une «liste noire» de suspects qui sont convoqués pour des «stages de rééducation» allant de trois jours à trois semaines. Plus de cinq cents personnes sont astreintes à suivre ces cours de civisme. Le programme comprend même une journée de shopping à Bangkok. Après les coups et les tortures, les petits cadeaux...F. H.

n Bangkok l'infréquentable vaut beaucoup mieux que les clichés dont on l'affuble souvent. Florence Compain, correspondante du Figaro en Thaïlande et Cyril Payen dévoilent les lieux secrets et les personnages emblématiques de cette capitale électrique enfin redécouverte. Bangkok, la nuit, Editions Philippe Picquier, 17 €
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