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 B.Adulyadej, roi de Thaïlande et fin stratège politique

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: B.Adulyadej, roi de Thaïlande et fin stratège politique   Jeu 6 Avr - 16:20


"Rama IX", héritier de la dynastie Chakri établie en 1782 à Rattanakosin (aujourd'hui Bangkok), est le plus ancien monarque en exercice de la planète devant Elizabeth II d'Angleterre, intrônisée en 1952.

Bhumipol Adulyadej, roi de Thaïlande et fin stratège politique
LEMONDE.FR | 05.04.06 | 13h06 • Mis à jour le 05.04.06 | 13h45

A sa manière feutrée, Bhumipol Adulyadej donnait, le 4 décembre 2005, une leçon de politique : " Prétendre qu'on ne saurait critiquer le roi est une insulte à la monarchie. Le roi lui-même souhaiterait entendre plus souvent des critiques."

Tout Rama IX, son nom de règne sur le trône de la Thaïlande, était condensé dans cette réflexion en réalité cinglante à l'intention du premier des visiteurs venus lui souhaiter son 78e anniversaire, le chef du gouvernement, Thaksin Shinawatra. Le souverain signifiait publiquement au premier ministre qu'il n'appréciait guère de voir celui-ci se dédouaner derrière le trône, incroyablement révéré à travers tout le pays, des controverses suscitées par son style de gouvernement autoritaire et souvent démagogique. La remontrance fit la "une" de la presse, mais Thaksin Shinawatra crut pouvoir passer outre alors que les nuages s'accumulaient sur son deuxième mandat à la tête du gouvernement. Manifestations se réclamant de l'autorité royale – pas toujours très honnêtement – et opposition politique rétive…

Le 24 février 2006, cible des lazzis incessants de la classe moyenne bangkokienne et de multiples associations qui ne se reconnaissent pas dans les partis traditionnels, M. Thaksin dissout l'Assemblée nationale et convoque des élections législatives anticipées, à une échéance suffisamment courte pour empêcher toute défection massive au sein de son propre parti, le Thai Rak Thai (TRT,"Les Thaïlandais pour la Thaïlande"). Quand il a soumis ce plan au roi, ce dernier a opiné. Un piège ?

Les élections, le 2 avril, tournent au fiasco pour le chef du gouvernement. L'opposition a boycotté le scrutin, avec succès puisque pas moins de 10 millions d'électeurs, sur 45 millions, s'arrangent pour exprimer leur désaveu. Le lendemain, M. Thaksin croit pouvoir encore ruser. N'a-t-il pas, dit-il, remporté 54 % des voix, la barre – aisément accessible dans les provinces déshéritées pour ce milliardaire reconverti en politique – qu'il s'était fixée pour continuer à diriger le pays ? Le 4 avril, sommé de se rendre à une audience exceptionnelle auprès du roi à Hua Hin, station balnéaire au sud de Bangkok, M. Thaksin en revient assommé. Il annonce sa démission à terme. Le 5 avril, il est conduit à renoncer même au rôle d'intérimaire.

Pour l'énième fois, Bhumipol Adulyadej a joué un rôle-clé sur une scène politique thaïlandaise dont il est l'arbitre suprême alors même qu'il est théoriquement interdit de politique de par la Constitution de 1932, qui a aboli la monarchie absolue. Le 12 mars, pourtant, en pleine campagne de contestation dans les rues de Bangkok, le trône avait envoyé un signal codé mais transparent en s'arrangeant pour que toutes les chaînes de télévision, publiques et privées, diffusent simultanément des images vieilles de quatorze ans, montrant deux protagonistes d'une crise précédente, à genoux devant le souverain, l'écoutant les admonester. Le palais royal niera par la suite être à l'origine de l'émission. Dénégation bien dans la tradition.

HÉRITIER DE LA DYNASTIE CHAKRI

En fait, pour le plus grand bien d'un pays à la classe politique très versatile, Bhumipol Adulyadej est intervenu à de multiples reprises pour éviter ou redresser des dérapages mal contrôlés.

Né en 1927 à Cambrigde (Massachusetts), fils d'un demi-frère de Rama VII, le monarque qui avait dû accepter en 1932 la règle constitutionnelle a été fait roi en 1946 alors qu'il était étudiant à Lausanne (Suisse). Il n'est devenu que le 5 mai 1950, avec son intronisation,"Rama IX", héritier de la dynastie Chakri établie en 1782 à Rattanakosin (aujourd'hui Bangkok). Il n'en est pas moins le plus ancien monarque en exercice de la planète devant Elizabeth II d'Angleterre, intronisée en 1952.

Ni son pays, ni encore moins son trône, n'étaient des évidences sur la carte du Sud-Est asiatique au lendemain de la deuxième guerre mondiale. La monarchie s'était montrée incapable d'assumer toute fonction durant l'invasion japonaise. Ses représentants vivaient entre Bangkok et la Suisse.

Politiquement jeune, issu d'un système de cour qui promeut son image de musicien de jazz – au demeurant assez bon à la clarinette et à la trompette –, il va passer la première partie de son règne à avaler avec une réticence croissante les couleuvres d'une classe politico-militaire cliente des Etats-Unis qui profite au maximum de la guerre froide en Asie. Mais, dès 1957, Bhumipol se rebiffe : il refuse de s'associer à des cérémonies que le dictateur militaire de l'époque, Phibun Songkhram, veut organiser pour l'introniser grand chef du bouddhisme national. En 1971, quand les généraux Thanom et Prapass en font un peu trop en agitant le spectre de l'insurrection communiste, il récidive en faisant connaître sa sympathie envers les étudiants et syndicalistes poursuivis par les nervis du pouvoir.

En 1981, quand un quarteron de militaires tentent de renverser"son" premier ministre, le général à la retraite Prem Tinsulanonda, il siffle encore la fin de partie et remet ce dernier en selle. En 1991, encore, il met le holà à une tentative militaire de revenir sur les acquis de la démocratie représentative. Fin politique, Bhumipol a même entériné, en 1997, la plus importante modification constitutionnelle survenue en six décennies de loi parlementaire : il n'est plus"le protecteur du bouddhisme" en tant que religion d'Etat, mais un monarque " bouddhiste protecteur de toutes les religions". La plus importante des minorités religieuses du royaume est celle des musulmans, principalement représentée dans la frange méridionale du pays, dans la péninsule malaise.

Sa succession est réglée sans l'être vraiment. Son seul fils, Wajiralongkorn, né en 1952, est prince héritier. Mais il n'est pas très populaire.
Francis Deron (Correspondant à Bangkok)
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