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 Investisseurs, humanitaires, amoureux du Cambodge ...

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: Investisseurs, humanitaires, amoureux du Cambodge ...   Ven 28 Avr - 8:20

Investisseurs, humanitaires, amoureux du Cambodge : les nouveaux citoyens khmers

28-04-2006
Cambodge Soir - Au mois d'août 2005, l'actrice américaine Angelina Jolie devenait officiellement citoyenne du Royaume du Cambodge, grâce à un décret signé de la plume du roi Sihamoni lui accordant la nationalité cambodgienne. Ce n'est pas uniquement pour avoir incarné l'athlétique Lara Croft crapahutant sur les ruines d'Angkor que cette comédienne a obtenu ce privilège, mais plutôt en raison de son implication dans des œuvres humanitaires. L'actrice a fait don de 2 millions de dollars pour la préservation de réserves naturelles dans les provinces d'Oddar Meanchey et de Païlin et a investi dans un projet de défense de l'environnement, Maddox Jolie (du nom de son enfant adopté au Cambodge en 2002). Ce cas très médiatisé n'est cependant pas isolé. Depuis l'adoption d'une loi sur la nationalité en 1996, 136 étrangers ont pu obtenir la nationalité cambodgienne, selon les données du département général de l'Administration du ministère de l'Intérieur.

Des ressortissants de dix-sept pays différents sont devenus des citoyens cambodgiens à part entière, dont une grande majorité de Chinois. 77 ressortissants de Chine continentale, de Taïwan, de Hong Kong et de Macau ont en effet opté pour un passeport cambodgien, la plupart étant des investisseurs. En comparaison, les Occidentaux ayant obtenu la naturalisation sont bien moins nombreux : les Français arrivent en tête (13), suivis des Britanniques (Cool, des Australiens (5) et de deux Américains.

Et ce n'est pas un hasard si les Chinois sont de très loin les plus nombreux à demander leur “naturalisation”. Comptant parmi les plus gros investisseurs, beaucoup cherchent à consolider leurs affaires dans le royaume en devenant des citoyens cambodgiens. C'est le cas d'un puissant homme d'affaires, l'okhna Yum Sui Sang, originaire de Hong Kong et naturalisé Cambodgien en 2000. “La première raison pour laquelle j'ai demandé la nationalité cambodgienne est psychologique : ça me permet de me sentir plus à l'aise. La deuxième est d'ordre pratique : on se sent plus en sécurité pour investir”, explique le PDG de l'Union Commercial Bank, par ailleurs président de la China Hong Kong and Macau Expatriate and Business Association of Cambodia. Installé en tant qu'investisseur au Cambodge depuis 1993, il n'a pas immédiatement demandé la nationalité khmère. Ce n'est qu'au moment de faire de nouveaux investissements dans des domaines divers qu'il a souhaité devenir Cambodgien. “Nous voulions confirmer que tous nos investissements au Cambodge seraient sûrs”, raconte son assistant, Chear Ratana. Ce dernier a aidé l'oknha à effectuer les démarches de naturalisation : “Nous avons informé le Premier ministre de notre intention d'investir”, affirme-t-il. Cette lettre directement adressée au chef du gouvernement n'aurait cependant pas totalement dispensé l'investisseur chinois de remplir divers formulaires administratifs. La main gauche posée sur un épais dossier censé réunir tous les documents certifiant sa naturalisation, Yum Sui Sang l'assure : “Nous n'avons rien eu à payer”. “Bien sûr, quand nous avons demandé des documents, il y avait des charges, quelques frais”, précise-t-il, relayé immédiatement par son assistant : “Nous avons préparé les documents nous-mêmes et nous n'avons rien versé au gouvernement. Il a seulement fallu payer les frais administratifs pour le passeport, les formalités, la carte d'identité, etc...” “Il y en a peut-être qui payent. Certaines personnes ne savent pas comment il faut faire”, ajoute encore, tout sourire, l'okhna naturalisé.

Ignorance ou résignation, certains semblent bel et bien avoir payé afin d'obtenir le précieux sésame de la nationalité cambodgienne. “Toute signature coûte de l'argent et plus on monte haut, plus ça coûte cher”, affirme sous couvert d'anonymat un citoyen cambodgien d'origine occidentale, naturalisé en 2000. “J'ai fait appel à une personne cambodgienne pour m'aider, sans trop connaître à l'époque les différentes étapes nécessaires. Mais je tenais à respecter toutes les étapes et à passer par tous les échelons : le chef de quartier, la police, la municipalité.... Puis les ministères : de la santé, de la justice, de l'intérieur...” La procédure aura tout de même pris trois ans, bloquée au moment des élections en 1997. Et, selon ce témoin, l'ensemble des démarches - frais administratifs et bakchichs compris - lui aura coûté quelque 5 000 dollars.

Officiellement, selon le directeur général du département général de l'administration du ministère de l'Intérieur, Sak Setha, il faut débourser en tout et pour tout, afin d'obtenir le formulaire de demande de naturalisation, 5 000... riels, soit 1,25 dollars. Naïf, cet Occidental naturalisé? Réaliste, prétend-il : “Sur ces 5 000 dollars, je suppose que l'intermédiaire à qui j'ai fait appel a prélevé une partie. J'ai entendu parler de gens qui l'avaient obtenue sans payer, mais maintenant, c'est de plus en plus difficile et de plus en plus cher.” Cher, voire très cher, à moins de bénéficier de puissants appuis, affirme un second témoin, tenant lui aussi à rester anonyme, naturalisé il y a trois ans après deux années de démarches. “La nationalité, on l'obtient soit par piston, soit par paiement”, assure-t-il sans détour. “Moi, j'avais du soutien. Donc je n'ai pas payé. Mais à l'époque, les prix s'échelonnaient entre 5 000 et 50 000 dollars. Si on veut un terrain ou établir une société, on doit payer le prix fort. Obtenir la nationalité cambodgienne, c'est de la pure corruption. Je ne connais personne qui l'ait obtenue sans dessous de table ou sans relation.”

Difficile pour autant de vérifier ces déclarations qui, malgré des témoignages convergents, demeurent imprécises... Elles font en tout cas bondir Sak Setha, qui dément toute corruption au sein de ses services. “Est-ce que les personnes de mon département ont des villas modernes? Tout cela n'est qu'une rumeur! Ces accusations de corruption sont de la pure calomnie! s'emporte le directeur du département général de l'Administration. Si nous bénéficiions de telles sommes, nous serions millionnaires. Le formulaire que nous vendons ne coûte que 5 000 riels!”

Le haut fonctionnaire admet cependant qu'il est possible que des intermédiaires profitent de la méconnaissance des procédures par les demandeurs étrangers et tentent de leur extorquer de l'argent de cette manière. Ces intermédiaires profitent en effet d'un vide : la loi du 20 août 1996 sur la nationalité (lire article p. 11) fixe les conditions indispensables à toute demande de naturalisation mais renvoie à un sous-décret pour les détails de la procédure. Un sous-décret qui joue les Arlésiennes : après dix ans, il est toujours en cours d'élaboration. Dans ce contexte, il est difficile pour les aspirants à la naturalisation de connaître dans le détail la procédure "officielle" à 5 000 riels. Il existe pourtant des règles temporaires, définies par le ministère de l'Intérieur, dans l'attente de la publication du fameux sous-décret, selon Sak Setha. Point de passage obligé pour toute demande : le département des affaires politiques du ministère de l'Intérieur. “Ce département expliquera aux demandeurs comment constituer un dossier et toutes les démarches à effectuer”, soutient le directeur du département général de l'Administration, dont dépend celui des affaires politiques. Selon lui, deux types de formulaires sont le plus souvent proposés : celui destiné aux investisseurs et celui des étrangers mariés à un (une) citoyen(ne) de nationalité cambodgienne. Les demandeurs doivent remplir de leur propre main la demande et fournir plusieurs pièces à leur dossier : une “biographie” sommaire, un passeport étranger valide, un certificat de séjour (attesté, le cas échéant, par les visas), un certificat de moralité (remis par le chef du village ou de quartier), un extrait de casier judiciaire du ministère de la justice cambodgien et du pays d'origine et un certificat de santé (émis par un hôpital “reconnu” par le Cambodge). A cela, les investisseurs doivent ajouter une lettre d'autorisation d'investissements de la part du Conseil pour le développement du Cambodge (CDC, chargé des investissements étrangers dans le royaume); les “mariés” doivent quant à eux produire un certificat de mariage. “Une fois le dossier complet, le département général de l’administration doit envoyer une lettre au co-ministre de l'Intérieur et celui-ci écrit au Premier ministre. C'est le Premier ministre qui écrit à son tour au roi”, détaille Sak Setha. “Mais tout doit d'abord passer par le département des affaires politiques”, insiste-t-il. Une commission est normalement mise en place pour sélectionner et interroger les demandeurs. Tous sont censés passer un entretien au cours duquel sont évaluées leur maîtrise de la langue khmère et leurs connaissances de la tradition et de l'histoire cambodgienne. “Au cours de cet entretien, on est censé parler couramment khmer, raconte le premier témoin anonyme, qui a réussi cette épreuve. Je me débrouille pas mal à l'oral, donc c'est passé. Par contre, je suis incapable de lire et écrire le khmer.”

La condition de la langue n'est apparemment pas imposée de manière très stricte. L'oknha Yum Sui Sang reconnaît ne pas savoir parler cambodgien. “Je suis trop occupé pour avoir le temps d'apprendre le khmer, avoue-t-il. Vous pensez peut-être que cela n'est pas conforme aux règles sur la naturalisation. Mais ce n'est pas ça qui est important. Ma femme [de nationalité chinoise] parle khmer mais elle n'a pas été naturalisée... Parfois le gouvernement peut donner des autorisations spéciales. Il doit y avoir des exceptions, si vous aimez le pays.” “Il aime beaucoup le pays”, confirme son assistant Chear Ratana.

Aucun délai n'est fixé et le demandeur n'a aucune garantie que sa démarche aboutisse, précise Sak Setha : “la demande de nationalité n'est pas du tout aisée. Il faut parfois beaucoup de temps pour que les demandes soient satisfaites, même s'il s'agit d'investisseurs et même s'ils habitent ici depuis longtemps ou sont mariés avec une personne de nationalité cambodgienne. Normalement, nous informons le demandeur s'il manque une pièce au dossier. Mais il n'y a pas de délai. La naturalisation est une prérogative du gouvernement qui se réserve le droit de la donner ou pas.” Sum Rom, directeur adjoint du département des relations internationales au Conseil des ministres, souligne que beaucoup de demandes n'aboutissent pas, soit que les dossiers comportent des erreurs, soit que la loi et les procédures ont été mal comprises. Quoi qu'il arrive, selon lui, “le gouvernement a le droit de ne pas justifier ses refus, car la naturalisation n'est pas un droit du demandeur mais dépend de la volonté du gouvernement”.

Longue et incertaine, légalement gratuite ou illégalement chèrement payée, la procédure de naturalisation exige en tout cas de passer par de multiples étapes, indispensables pour constituer un dossier complet. Et c'est probablement là que le bât blesse : chaque étape peut devenir une occasion, pour des intermédiaires mal intentionnés, de grapiller un peu d'argent avec le consentement de demandeurs qui souhaitent avant tout accélérer le processus, quel que soit le prix à payer. Certains n'hésitent en tout cas pas à engager ce long parcours de naturalisation, par attachement au pays mais aussi dans la perspective de décrocher des avantages non négligeables, que ce soit pour consolider leurs affaires commerciales ou assurer la pérénité de leurs projets humanitaires.

“Avoir la nationalité cambodgienne, c'est pratique pour l'achat de terrains, pour construire une maison, des bureaux, explique le témoin d'origine occidental. Il y a d'autres formules qui existent et qui sont sûres. Mais l'idéal, c'est quand même d'avoir la nationalité cambodgienne.” Yum Sui Sang est tout aussi clair : “les investisseurs de Hong Kong demandent la nationalité cambodgienne pour consolider leurs affaires. Il y a d'autres moyens, oui. Mais c'est le meilleur. Avec la nationalité, il n'y a aucune limite pour faire du commerce.” Des aspirations souvent légitimes pour des étrangers qui ont parfois tout misé dans le royaume et ont donc besoin de s'y sentir intégrés et en sécurité. Tous ne sont cependant pas prêt à franchir le pas. Pour les ressortissants de Chine continentale, adopter la nationalité cambodgienne implique de renoncer à leur nationalité d'origine, conformément à la loi de leur pays, contrairement aux ressortissants chinois de Hong Kong, Macau et Taïwan qui ont le droit de cumuler plusieurs nationalités. “Nous ne cherchons pas à obtenir la nationalité cambodgienne puisque nous ne sommes pas autorisés à le faire par notre pays d'origine, à moins de perdre notre première nationalité, explique Jimmy Gao, homme d'affaires chinois, président du Holding Transpeed Travel et de la Chambre chinoise de commerce au Cambodge (CCCC). Il n'y a pas besoin d'avoir la nationalité cambodgienne pour investir ici, affirme-t-il. Pour acheter de la terre? Au Cambodge, un investisseur étranger peut déjà obtenir un bail de 99 ans. C'est suffisant pour investir et développer une activité. [...] Désormais, le plus important dépend de vous-mêmes, de vos capacités à faire des affaires, du fait que vous ayez assez de capitaux, suffisamment d'expérience... Ce n'est plus comme il y a dix ans.” Nationalité cambodgienne ou pas, il est donc possible de faire du business soutient l'homme d'affaires qui a investi dans le frêt, le transport aérien et le tourisme, entre autres.“Par contre, nous aimerions obtenir un visa permanent et non plus devoir renouveler chaque année le visa d'affaires. Si j'ai tout investi ici, je veux pouvoir être sûr de rester à long terme. Or si chaque année je dois refaire mon visa, il y a une incertitude. Et les investisseurs ne se sentent pas en sécurité. C'est tout ce que nous demandons parce que cela faciliterait les investissements. Il n'y a pas besoin de la nationalité cambodgienne.”

Cette sécurité, les investisseurs ne sont pas les seuls à la rechercher. A l'instar d'Angelina Jolie, plusieurs étrangers intervenant dans le domaine humanitaire ont obtenu la nationalité cambodgienne, soit qu'ils en aient fait la demande eux-mêmes afin de péréniser leurs activités humanitaires, acheter des terrains, ou qu'elle leur ait été accordée en récompense de services rendus au royaume.

“Le but de la naturalisation est d'apporter des avantages pour le Cambodge, pas pour les naturalisés, affirme Sak Setha. Si nous leur permettons d'obtenir la nationalité cambodgienne, nous devons obtenir des avantages de la part de ces étrangers. [...] Cela permet d'apporter beaucoup à la société khmère, en développant les investissements locaux sur le long terme. Ces personnes aiment la nation khmère et si elles ont la nationalité cambodgienne, elles ne retireront pas leurs investissements. Elles veulent investir au Cambodge et le gouvernement salue leurs actions. Elles font du bien à la société.”

Duong Sokha et Laurent Le Gouanvic (avec Anne-Laure Porée)
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