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 La Thaïlande menacée d'une révolte musulmane

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Thaïlande - Cambodge
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Nombre de messages : 5571
Date d'inscription : 08/08/2004

MessageSujet: La Thaïlande menacée d'une révolte musulmane   Lun 15 Nov - 9:44

Les violences dans les provinces du Sud pourraient gagner tout le pays.

Par Solenn HONORINE
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lundi 15 novembre 2004 (Liberation - 06:00)
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Bangkok correspondance

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les provinces musulmanes du sud de la Thaïlande avaient déjà connu des violences, mais jamais de cette ampleur. Selon le gouvernement, 340 personnes ont été tuées par des rebelles depuis janvier dans les provinces de Pattani, Yala et Narathiwat. Majoritairement, des policiers, fonctionnaires, maîtres d'école. Si l'on y ajoute les victimes de la répression des forces de l'ordre, le total se monte à 535. «Quand quelque chose comme cela arrive à votre pays, vous vous sentez vraiment mal», soupire Sirichai Wungaeo. Comme ses collègues universitaires, comme les hommes politiques, les militants associatifs, ce professeur de sciences politiques n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi ce pays de 62 millions d'habitants, à 95 % bouddhiste, a basculé dans cette violence.

Loi martiale. Le 4 janvier, des hommes armés attaquent une caserne, tuent quatre gardes et volent 300 armes. La Thaïlande est sous le choc ; la loi martiale est appliquée dans plusieurs districts du Sud. Elle n'a toujours pas été levée depuis, car l'escalade se poursuit, notamment depuis la manifestation de Tak Bai, qui a fait 87 morts il y a deux semaines. Un nouveau choc : 6 civils sont tués par balles, 3 noyés. 1 290 personnes sont arrêtées, entassées dans six camions en route vers un camp militaire. 78 d'entre elles meurent étouffées. Le gouvernement dépêche une commission d'enquête pour établir les responsabilités, et, côté musulman, les tueries s'accélèrent. On parle de vengeance. Pas un jour sans une nouvelle attaque, de nouveaux morts : une personne âgée victime de la fusillade d'un temple ; trois employés de chemins de fer dont les corps sont déchiquetés par un train ; un vice-chef de village décapité. Plus de 25 en deux semaines, tous bouddhistes. Il ne s'agit plus d'attaques ciblées contre les représentants de l'Etat ; tout le monde est potentiellement visé.

Sur les trois provinces musulmanes, un territoire d'un ancien royaume indépendant, annexé par la Thaïlande en 1902, les différents régimes militaires ont longtemps tenté de balayer la culture des musulmans, d'origine ethnique malaise : imposition de la langue thaïe, interdiction des costumes traditionnels. D'où une crispation identitaire et l'émergence de mouvements séparatistes violents. «Mais, avec la démocratisation du pays, tout devait se résoudre : la Constitution garantissait la parole aux minorités musulmanes. Les idées séparatistes pouvaient être débattues en public. Et soudain : boum !», s'étonne encore Wattana Sugansil, professeur de sociologie à l'université de Pattani. Car, dès les années 80, le mouvement séparatiste s'essoufflait et les organisations historiques, Pulo et BRN, sont considérées comme moribondes.

Si les assassinats sont parfois accompagnés de lettres parlant de «vengeance», cela faisait bien vingt ans que toute revendication claire avait disparu. Les attaques ressemblaient plutôt à des règlements de comptes entre mafieux qu'à des actions de type guérilla séparatiste. D'où la surprise de constater que, depuis janvier, les attaques sont à nouveau planifiées. Depuis janvier, 185 musulmans sont morts lors de répressions militaires, et nombre d'intellectuels dénoncent cette politique dure comme le principal détonateur des violences. «Vers 2001, lorsque le nombre de fauteurs de troubles a été réduit à quelques petites douzaines, le gouvernement a décidé de taper fort et de les éradiquer», explique Gothom Arya, président du Forum asiatique pour les droits de l'homme et le développement. «Ce fut l'ouverture de la boîte de Pandore», confirme Panitan Wattanayagorn, expert en matière de sécurité à l'université Chulalongkorn. Nombreux sont ceux qui voient là la main d'organisations islamistes de type international ; les écoles coraniques sont montrées du doigt comme des usines à fabriquer des martyrs. «Les assaillants sont en train de changer de stratégie pour passer à un mode d'action plus radical, visant notamment Bangkok ou Phuket», hauts lieux du tourisme pour les Occidentaux, affirme Wattanayagorn. «Les rebelles sont encore logistiquement incapables d'étendre leur rayon d'action, mais ce n'est qu'une question de temps avant que les attaques ne frappent la capitale. Comment pourrait-on rester en dehors de cette violence ?», soutient-il.

Fermeté. Dans une lettre ouverte au gouvernement, 144 intellectuels affirment que c'est uniquement en misant sur le dialogue avec les musulmans que la tension pourrait retomber. «Nous sommes encore globalement dans un conflit entre population et autorité centrale, et non entre bouddhistes et musulmans», considère Gothom Arya. Le pouvoir, lui, compte sur la fermeté envers les «séparatistes» pour rétablir l'ordre. «Ils pensent qu'on a juste une grosse crise de hoquet, résume Wattana Sugansil. Alors qu'en fait, c'est un véritable cancer.»
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