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 A la racine des conflits fonciers : corruption et ...

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: A la racine des conflits fonciers : corruption et ...   Lun 5 Juin - 11:10

Economie - A la racine des conflits fonciers : corruption et spéculation

05-06-2006
Cambodge Soir - Pas un jour ne se passe sans qu'un conflit foncier n'occupe les gros titres des médias. Pour quelques mètres carrés de terrain, on frappe, on brûle, on tue. L'année dernière, cinq personnes ont perdu la vie lors d'affrontements sanglants entre des villageois et les forces de l'ordre à Kbal Spean, dans la province de Banteay Meanchey, pour une parcelle de terrain. La semaine dernière encore, des émeutes éclataient sur le site de Bassac au cours desquelles le bureau des autorités du village était incendié. Depuis sa création, l'Autorité nationale de résolution des conflits fonciers (ANCRF) a reçu plus de 1 500 plaintes, qui impliquent plusieurs milliers de personnes. Comment en est-on arrivé là? A qui la faute? Et quels enjeux se cachent derrière la guerre du foncier? Les avis des professionnels divergent.

Chhit Sam At, directeur exécutif de NGO Forum, un collectif d'organisations non gouvernementales, dégage quatre causes principales : l'absence de titres de propriété, la saisie illégale des terrains publics par des hommes de pouvoir, des procédures frauduleuses de concession des terrains de l'Etat à des compagnies privées et l'attribution incorrecte de titres de propriété. Pour le directeur de NGO Forum, les responsables sont clairement identifiables : les autorités locales et les services du cadastre “qui ne font pas appliquer la loi”.

Le député PSR Eng Chhay Ieng, vice-président de l'ANCRF, est encore plus catégorique : “La faute incombe aux fonctionnaires khmers”. “Les hommes d'affaires ne pourraient pas s'emparer des terres de l'Etat si les fonctionnaires ne leur procuraient pas des papiers légaux. Ils sont complices avec les acheteurs”, tranche le député de Battambang.

Sung Bonna, président de l'agence immobilière Bonna Realty Estate, a un avis plus nuancé. Selon lui, les responsabilités sont partagées, des habitants s'installant parfois illégalement sur des terrains qui ne leur appartiennent pas. Premier responsable de ces conflits : le prix des terrains. “Quand le coût des terrains était bas, il y avait beaucoup moins de conflits. Depuis que ça augmente, les problèmes se multiplient”, observe Sung Bonna. Le développement des investissements locaux et étrangers, les déplacements d'institutions étatiques à la périphérie de Phnom Penh, la stabilité politique et la spéculation foncière tirent les prix vers le haut et attisent du même coup les convoitises. A Siem Reap, le mètre carré coûte jusqu'à 600 dollars. A Phnom Penh, les terrains les mieux situés se monnayent autour de 1 500 dollars / m2...

Pour l'économiste indépendant Kong Chandararoth, les spéculateurs sont les premiers responsables de cette inflation. “Les riches achètent des terres en espérant les revendre à bon prix à des investisseurs”, constate l'économiste, pointant du doigt les effets nocifs de cette spéculation : la hausse du prix des terrains, en plus d'être source de conflits, alourdit les coûts d'investissement et freine le développement. Pour d'autres économistes, ces placements fonciers spéculatifs sont carrément improductifs : c'est de l'argent qui dort.

Pour désamorcer cette situation explosive, le vice-président de l'ANCRF, Eng Chhay Eng, souhaite que l'Etat saisisse les terrains illégalement exploités et condamne les fonctionnaires corrompus. Il préconise aussi l'établissement d'un système de taxes foncières à destination des gros propriétaires, ceux qui possèdent plusieurs milliers d'hectares, et non les petits paysans qui ne cultivent guère qu'un lopin de quelques hectares. “Si on faisait payer des taxes, le coût des terrains baisserait et le nombre de conflits diminuerait en conséquence”, pense le député PSR de Battambang. Qui plus est, selon lui, cette baisse des prix serait bénéfique pour l'ensemble de l'économie, puisqu'elle permettrait d'attirer des investisseurs étrangers.

Sung Bonna estime quant à lui qu'il faut en priorité s'attaquer à la corruption au niveau local.

Les observateurs sont en tout cas unanimes sur un point : il y a urgence à régler cette question, dont les partis ont déjà fait un thème de campagne électorale. Chan Saveth, enquêteur de l'ONG de défense des droits de l'Homme Adhoc, est formel : si rien n'est fait pour tenter de résoudre équitablement ces problèmes, les conflits risquent non seulement d'augmenter mais de devenir de plus en plus violents.

Ky Soklim
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