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 Sa Majesté le roi Bhumipol Adulyadej, un destin trop rare...

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: Sa Majesté le roi Bhumipol Adulyadej, un destin trop rare...   Jeu 29 Juin - 14:43

Sa Majesté le roi Bhumipol Adulyadej, un destin trop rare en Asie


Bangkok, 29/06/06
Richard Werly, Chef de la rubrique internationale
Le Temps, Genève

Pendant ses soixante ans de règne, le roi de Thaïlande a réussi à combiner l'autorité et le respect de sa personne. Le succès économique du pays et sa stabilité concourent beaucoup au prestige de Sa Majesté le roi Bhumipol, qui a fêté le 9 juin ses soixante ans de règne. Un destin trop rare en Asie.

Il y a un paradoxe thaïlandais: comment ce pays d'Asie du Sud-Est, réputé
pour la joie de vivre et le côté parfois désinvolte de ses habitants,
peut-il avoir un monarque aussi sérieux? La question, au milieu des
cérémonies royales fastueuses organisées ces jours-ci à Bangkok pour
commémorer l'accession au trône de Sa Majesté Bhumipol Adulyadej, le 9 juin 1946,
apporte en soi la réponse à l'immense popularité de ce souverain hors norme.
Car ce n'est pas seulement un roi de 78 ans à l'extraordinaire longévité
politique que fête l'ex-Royaume de Siam. C'est un modèle de citoyen assidu,
consciencieux, soucieux avant toute chose de la cohésion nationale: le
symbole de l'Etat face à la virevolte des coups d'Etats militaires survenus
depuis son accession au trône, à la mainmise des milieux d'affaires sur la
conduite du pays et à la corruption endémique d'une élite politique
clientéliste.

Cette image, évidemment, porte la marque d'une communication soignée et d'un
protocole intraitable. En Thaïlande, les photos montrant le roi en train
d'inspecter les campagnes alimentent sa légende de «souverain-citoyen». Une
arme législative redoutable, l'accusation de crime de lèse-majesté, a par
ailleurs permis à la maison royale de dissuader ses détracteurs tentés de
porter atteinte à cette statue du commandeur. Mais la combinaison des deux
n'aurait pas fonctionné si Bhumipol Adulyadej, qui passa quatre années
d'études à Lausanne durant la Seconde Guerre mondiale, n'avait pas fait
preuve d'une opiniâtreté politique peu commune, toujours attentif à
préserver son lien direct avec le peuple. L'inverse, en somme, de son
fantasque voisin Norodom Sihanouk, l'ex-roi du Cambodge si fasciné par la
politique qu'il créa son parti et abdiqua pour diriger le gouvernement.
Jusqu'à la prise du pouvoir par les Khmers Rouges et aux tragiques
conséquences que l'on sait. L'inverse aussi, pour prendre un exemple plus
récent, du roi Gyanendra du Népal, décrié pour avoir voulu reprendre les
manettes du pays en autocrate d'une autre époque.

Le secret de Bhumipol Adulyadej, ce roi affable qui sourit peu, est d'avoir
au fil de son règne combiné l'autorité et le respect. A la manière d'un Juan
Carlos d'Espagne. Il l'a montré en faisant s'agenouiller devant lui, au plus
fort de la crise politique qui secoua la Thaïlande en 1992, les deux hommes
qui se disputaient alors férocement le pouvoir, Chamlong Srimuang et
Suchinda Krapayoon. Il l'a répété en sermonnant à plusieurs reprises
l'actuel premier ministre, Thaksin Shinawatra, milliardaire très porté sur
l'éloge du profit. De son conservatisme naturel, le souverain siamois a fait
un atout face au consumérisme à tous crins engendré par le développement
foudroyant des années 1980-90. Le roi n'a pas laissé la prospérité brutale éroder son image. Sa fonction n'a pas été happée par le «miracle» asiatique. Sa parole, rare, est restée écoutée.

La leçon vaut pour le reste de la région. Malmenée comme les autres pays
d'Asie du Sud-Est par la décolonisation de ses voisins, la guerre du
Vietnam, et aujourd'hui par la menace islamiste dans ses provinces
musulmanes du sud, la Thaïlande s'est toujours distinguée par sa cohésion
sociale et nationale. L'intégration de la minorité chinoise, très active
dans l'économie, en a été facilitée. Son ouverture au monde, via le tourisme
de masse, y a malgré ses avatars détruit moins qu'ailleurs son identité
culturelle. La résistance à la déferlante communiste des années 70 en a été
dopée. Sa capacité à concilier écrasante majorité bouddhiste et minorité
musulmane continue enfin, malgré les troubles récents, à puiser ses
ressources dans ce symbole national.

Dans un pays où les inégalités restent terribles en matière d'éducation, et
où la tourmente de la mondialisation a déferlé dans le sillage des
délocalisations, Bhumipol Adulyadej a évité les dérives en offrant à son
peuple non pas une foi militante dans la démocratie parlementaire - la
prospérité s'est chargée d'imposer le pluralisme - mais une valeur refuge en
termes de tradition, d'autorité, de probité et d'attention à ceux qui
souffrent.
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