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 Les différentes sortes de tourisme sexuel - Le routard -

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: Les différentes sortes de tourisme sexuel - Le routard -   Dim 27 Aoû - 19:04



Les différentes sortes de tourisme sexuel

Dimanche 27 Août 2006

Sous le terme générique de " tourisme sexuel ", on peut distinguer 3 types de commerce du corps : la prostitution, les voyages sexuels, qui proposent sur catalogue des services peu communs, et un système de copinage aux dangereux effets secondaires. Un point commun à ces pratiques, dont la seule différence réside sans doute dans le nom ou la classification qu’on leur donne : les femmes et les enfants représentent l’immense majorité des victimes.

La prostitution " classique "

Le plus répandu et donc le plus important des tourismes du sexe, est la prostitution classique. Dans des hauts lieux de fréquentation touristique, des femmes, des hommes ou des enfants attendent le chaland qui se laissera tenter par leurs appâts et services payants. Les grandes villes, les bars, les boîtes de nuit et les trottoirs sont leurs repères favoris. Dans des pays où un travail normal ne permet pas de survivre, une partie de la population, prête à tout pour se nourrir, se vend à des prix dérisoires. La prostitution classique est facilement identifiable puisque les prostitué(e)s se montrent aux clients éventuels, et par conséquent, ne se cachent pas.

Les voyages sexuels

Il existe d’autre part des voyages sexuels organisés. Par exemple, selon l’association Égalité Maintenant, des agences de voyages internationales (Business Week en dénombre pas moins de 25) proposent de vous emmener découvrir les pratiques sexuelles d’un autre pays ou, plus précisément, d’assouvir vos pulsions les plus viles en vous assurant - parfois sur contrat ! - les services de jeunes filles vierges, peur du sida oblige. Cette " clause " pousse ces tours opérateurs à recruter, pour un usage qui se veut unique, des enfants de plus en plus jeunes. Mais une fois ladite virginité perdue, ils la leur font refaire pour d’autres clients, expliquait en 1996, la défenseuse des enfants, Claire Brisset, au Monde diplomatique.

Dangereux copinage

Les " copines " en constituent un autre genre. Il s’agit de jeunes femmes qui, le temps du passage d’un touriste, en deviennent les amies et accompagnatrices privilégiées. Leurs services ne sont pas ouvertement monnayés, mais ces " copines " profitent du train de vie de leurs compagnons d’un temps. Ceux-ci leur paient toutes les sorties, les font participer à nombre d’activités auxquelles elles n’auraient pas accès autrement. Pour les " remercier ", ces jeunes filles finissent souvent au lit. L’exemple est criant à Cuba avec les jineteras. Une jinetera, c’est une cavalière, une accompagnatrice. Pudeur du terme pour désigner une prostituée occasionnelle. Ce véritable phénomène de société est apparu avec l’explosion du tourisme. La majorité des cavalières sont des chômeuses, en quête d’argent pour survivre et aider leur famille mais également pour s’acheter des vêtements et des chaussures : l’attrait de la société de consommation, caractéristique de la civilisation occidentale, vue comme une société idéale par la plupart des jeunes gens des pays pauvres.

Qui sont les clients ?

Les touristes qui se permettent de transgresser la morale et les lois de leur pays à l’étranger n’ont pas de profil type mais forment quand même un groupe, fût-il hétérogène. Ils profitent d’un voyage à l’étranger pour accomplir leurs fantasmes. On connaît les alibis que donnent ces amateurs de plaisirs exotiques tarifés : " Là-bas, ce n’est pas pareil : ils nous aiment vraiment. " Ou bien : " Chez eux, la sexualité est une chose naturelle. " Et encore : " Grâce à nous, ils mangent à leur faim. " Tristes justifications... surtout lorsque l’on sait que, la plupart du temps, ils ne se soucient pas de savoir si la personne qu’ils s’offrent est majeure ou non, consentante ou pas. Parfois même ils profitent de l’absence de législation protégeant les mineurs dans le pays. Évidemment, tourisme sexuel et pédophilie ne sont pas synonymes mais, dans un pays en voie de développement, les touristes sexuels s’adonnent souvent à des relations sexuelles avec des adolescents ou des enfants. On parvient toutefois à distinguer 2 types de clients :

Le touriste sexuel " occasionnel " : un quidam

Premier lieu commun qui se révèle faux : les amateurs de tourisme sexuel ne sont pas uniquement des personnes ayant des pratiques sexuelles " déviantes " en temps normal ; hommes, femmes (4 % des clients), parfois couples, d’apparence "bien sous tous rapports" se paient du bon temps sans honte. Ces touristes, d’un genre bien particulier, sont souvent des quidams qui, le temps d’un voyage, se laissent tenter par une offre appétissante et très bon marché. Ils profitent d’une opportunité qui leur est proposée et qu’ils ne rechercheraient sans doute pas dans leur propre pays. Nombreux, aussi, sont ceux qui se laissent tenter après avoir abusé d’une boisson alcoolisée ou lorsqu’ils sont sous l’emprise d’une drogue.

Concernant leur profil, Le Nouvel Observateur publiait en août 2000 une étude menée par Scotland Yard. La clientèle est composée à 96% d’hommes, 73% étant de race blanche, 75% mariés et 91% se disant croyants ( !). Ils ont souvent un métier respectable et parfois même des enfants pour lesquels ils sont de bons pères. Bref, monsieur-tout-le-monde à la recherche de nouveaux plaisirs, qui se croit tout permis tant il est puissant grâce à son argent.

Le touriste sexuel " assidu " : un pédophile régressif

Dans les pays du tiers monde, certains touristes ont des relations sexuelles avec des enfants. Ce type de clients, plus nombreux qu’on peut le penser, est composé de pédophiles dits régressifs dans la mesure où ils ne s’intéressent pas habituellement aux enfants. Ils y arrivent à un moment donné de leur vie où leur activité sexuelle ne les comble plus et où ils cherchent à la pimenter du goût de l’interdit. Par dessus tout, ce qui pousse ces hommes à profiter de personnes très jeunes, c’est la quasi-assurance d’être protégé contre le sida (faux !) et le besoin d’exercer une domination sexuelle. Diverses raisons à cela, notamment afin d’augmenter une capacité érectile défaillante, expliquait la psychosomaticienne Suzanne Képès au Nouvel Observateur.

Parmi ces pédophiles, 10 % seulement (toujours selon Le Nouvel Observateur) le sont habituellement, voyageant à seule fin d’avoir des relations sexuelles avec des mineurs non pubères. Le reste des clients d’enfants prostitués sont des pédophiles locaux.

Bien que l’on puisse clairement distinguer ces deux types de clients, tous profitent et abusent de la faiblesse morale et financière de leurs victimes. Avec l’argent, ils s’offrent en effet des êtres qu’ils ne pourraient obtenir dans leur pays. Ils franchissent les frontières, ils franchissent les limites...
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MessageSujet: Re: Les différentes sortes de tourisme sexuel - Le routard -   Dim 27 Aoû - 19:05

-----SUITE DE L ARTICLE-----


Quels sont les pays concernés ?

Malheureusement, l’échange des informations est souvent plus difficile que celui des corps. On peut néanmoins dresser un classement des régions les plus touchées par le tourisme sexuel : l’Asie et l’Amérique latine sont en tête, mais les chiffres sont en augmentation en Afrique, en Amérique du Nord et en Europe de l’Est.

L’Asie

C’est de loin le continent le plus touché : la Thaïlande compte deux millions de prostitués parmi lesquels au moins 300 000 mineurs. Ce pays détient le record d’abus sexuels commis par les étrangers. Chaque année, plus de 800 000 visiteurs viennent profiter de ces jeunes Thaïs. Quant à la capitale du Cambodge, elle compte environ 15 000 prostitués, dont au moins un tiers seraient âgés de moins de 18 ans. Aux Philippines, en Malaisie et en Indonésie, l’industrie du sexe représenterait entre 2 et 14 % du PIB de chacun de ces pays. Enfin, la Birmanie, la Chine, l’Inde et le Sri Lanka présentent un profil similaire.

L’Amérique latine et les Caraïbes

Au Brésil, sur 100 000 enfants vivant et travaillant dans les rues, la majorité est victime de l’exploitation sexuelle. La Colombie (Bogota compte entre 5000 et 7000 prostituées de moins de 18 ans), Cuba, la République dominicaine (selon l’UNICEF, les touristes constituent 20 à 30 % des clients des prostituées à Saint-Domingue), et le Costa Rica sont également des destinations phares du tourisme sexuel.

L’Afrique

La pauvreté et les guerres sont les principaux facteurs de développement du tourisme sexuel. À Madagascar, où il se développe en ce moment à une vitesse vertigineuse, et en Zambie, la majorité des enfants qui traînent dans les rues se prostituent. En Afrique du Nord, dans des villes telles que Le Caire, Casablanca, Marrakech, Tunis, la plupart des enfants qui passent leurs journées dans les rues sont aussi des proies vulnérables à ce trafic. Au Maghreb, la prostitution passe souvent par le travail domestique et par le biais du mariage d’enfants (pratique interdite au Maroc en vertu du nouveau code de la famille, NDLR).

Europe de l’Est

Après l’effondrement du bloc communiste, le trafic d’enfants vers l’Europe de l’Ouest et les États-Unis ne cesse de croître. La paupérisation de l’Europe de l’Est est à l’origine du développement de cette forme de tourisme devenu un moyen de survie en Estonie, Lituanie, Russie, Pologne, Albanie et Roumanie.

Europe de l’Ouest

Il y aurait entre 10 et 15 000 prostituées à Paris, dont un certain nombre de filles en provenance des pays de l’Est. Ce trafic, déjà fortement présent en Belgique, en Allemagne et en Italie connaît un fort accroissement ces derniers temps en France : Selon Le Monde, " des cen

taines de jeunes femmes originaires des pays de l’ancien bloc soviétique sont acheminées vers Paris, Strasbourg et la côte d’Azur ". Des quotidiens locaux abordent la question : Nice-Matin intitulait un article " la guerre des trottoirs ". Les femmes, de plus en plus jeunes, seraient originaires essentiellement de Russie, Moldavie, Bulgarie et Ukraine.

Le réseau mondial de la prostitution

De jeunes prostituées sont exportées vers des pays voisins " demandeurs ", plus développés et plus riches que le pays d’origine, où des réseaux de proxénétisme se mettent rapidement en place. De même, les conflits sont une occasion en or de se fournir en " matière première " lors des mouvements de populations qui cherchent à fuir leur pays. Les prostitué(e)s sont éloigné(e)s de leur famille, de leur pays et se trouvent dans une situation de dépendance totale vis-à-vis de leurs souteneurs.

Le fort développement de la prostitution à Madagascar a conduit à l’exportation de cette filière à La Réunion. De même, il y a un trafic important entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest, entre l’Europe de l’Est et les États-Unis, entre l’Amérique centrale et l’Amérique du Nord. Et quoi de plus rentable et de plus sûr qu’une jeune personne qui ne peut prouver son identité puisqu’on lui a confisqué ses papiers et qui, si elle se fait arrêter, ne peut dénoncer ses souteneurs - qu’elle connaît à peine - de peur des représailles, notamment sur sa famille ?

Ce rapide tour du monde met en avant le dénuement des populations touchées par le tourisme sexuel. Dénuement financier, dénuement moral aussi (comme dans les nouvelles républiques de l’Est). Mais comment cette pratique fonctionne-t-elle ?

Qu’entraîne-t-elle dans les pays et chez les victimes ?

Les effets pervers de l’offre et de la demande

Le sous-développement, qui entraîne des personnes à vendre leur corps pour survivre ou pour faire vivre leur famille, explique certes l’accroissement du phénomène. Mais la prostitution se développe aussi pour répondre à une demande grandissante d’Occidentaux qui s’adonnent au " tourisme sexuel ".

La demande crée l’offre, mais l’offre crée également la demande. Le cercle vicieux.

Victimes de la misère

C’est la misère qui, en premier lieu, noie chaque année des milliers de jeunes gens dans ce commerce abominable. Sans le sou et sans avenir professionnel, ils regardent avec envie les touristes débarquer dans les hôtels chics des grandes villes, les poches remplies de dollars, et voient là leur unique sortie de secours.

Triste alternative pour un gamin de 12 ans ou une ado de 18 ans.

Plus un être est fragile financièrement et moralement, plus il est susceptible de tomber dans les mailles des filets du proxénétisme. Cela, les " rabatteurs " à l’affût de chair humaine l’ont bien compris. La victime idéale est sans ressource, souvent seule et à la rue dans une grande ville hostile. Son manque d’instruction ne lui permet généralement pas d’aspirer à un travail respectable. Pour les " recruter ", tous les moyens sont bons. Souvent, les jeunes gens sont pris au piège : on leur propose d’être guide touristique, ou de travailler dans un restaurant. Mais, en fait, les jeunes - garçons ou filles - se rendent vite compte qu’ils ont été trompés. Difficile alors de faire machine arrière... Beaucoup ont quitté leur campagne avec l’espoir de se forger un avenir stable dans les grandes agglomérations, puis se retrouvent seuls, dépendants des " souteneurs " qui les exploitent. Lorsqu’ils n’ont pas été dupés, les jeunes prostitués se sont fait enlever ou ont été achetés à leur famille pour quelques dollars.

Trafic d’enfants

Pour satisfaire une clientèle perverse ou craignant d’être contaminée par le sida, les proies sont choisies de plus en plus jeunes afin de s’assurer de leur virginité. Ainsi, en Asie, afin de fournir de la " chair fraîche ", les proxénètes thaïlandais ou chinois vont acheter des enfants dans les villages reculés des montagnes, ainsi que dans les pays voisins : Laos, Cambodge et Birmanie. Des réseaux se constituent à travers le monde, des mafias kidnappent des enfants pour les prostituer, les séquestrer dans des maisons closes, les utiliser à des fins pornographiques. Des maisons hermétiquement closes puisque ces enfants sont enfermés de jour comme de nuit pour être livrés, dans une chambre gardée, à leurs clients qui défilent parfois au rythme de 10 à 15 par jour.

Au commerce inhumain qui est fait de leur corps viennent s’ajouter des mauvais traitements de toutes sortes : une jeune assistante sociale belge est parvenue, avec l’aide d’équipes thaïlandaises, à faire libérer 1 400 enfants des maisons closes de Bangkok : " on les viole, on les affame, on les brûle avec des cigarettes, on les blesse à coups de ceinture, voire à coups de couteau, on les torture parce qu’ils ne veulent pas du soi-disant " nouvel amour ". Et au bout du chemin, on les laisse crever de ces mauvais traitements et du sida. " (Marie-France Botte et Jean-Paul Mari, Le prix d’un enfant, Robert Laffont, 1993)

L’engrenage infernal : drogue et maladie

Ensuite, les jeunes, en marge de la société, n’ont pas d’autre choix que de continuer à se prostituer. Souvent, ils ont trop peur des représailles pour prendre la fuite ou dénoncer leurs " patrons ". La culpabilisation les tétanise. Alors, pour oublier l’utilisation odieuse qui est faite de leurs corps, pour oublier que, chaque jour, on leur vole un peu plus de leur dignité humaine, ils se replient sur la drogue. Ils cultivent ainsi un cercle vicieux dont peu sortent indemnes. À mesure que la dépendance s’accroît, et que le besoin d’argent augmente en parallèle, ils sont condamnés à continuer de se vendre aux touristes.

On imagine facilement les séquelles que peut garder un être humain d’une telle expérience. Ou peut-être, au contraire, évalue-t-on difficilement les dommages physiques et psychologiques que la prostitution infantile engendre. La moitié des jeunes prostitués est malade. En Asie, et notamment en Thaïlande et en Inde, là où le proxénétisme atteint des seuils jamais égalés, l’épidémie du sida explose. Les enfants qui ont contracté la maladie après quelques années ou quelques mois de prostitution sont jetés à la rue comme des chiens galeux, sans rien ni personne à qui se raccrocher. Pour compléter le tableau de leur horreur quotidienne, on peut mentionner les autres maladies sexuellement transmissibles, le risque de grossesse non désirée, les invalidités suite aux violences infligées et les diverses maladies psychosomatiques. Mais le plus affligeant (bien qu’à ce stade-là de l’horreur, on ait du mal à graduer l’affliction), c’est la destruction morale de l’individu. Les séquelles psychologiques sont graves et irréversibles. En leur volant leur enfance, c’est aussi de leur avenir dont on les prive. La confiance à jamais perdue dans le monde adulte, ils affronteront la vie seuls, s’ils ont encore la force de se battre...

(D’après Le Routard)
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