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 A Phuket, le rêve touristique a tourné à la catastrophe

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MessageSujet: A Phuket, le rêve touristique a tourné à la catastrophe   Lun 27 Déc - 18:24


A Phuket, le rêve touristique a tourné à la catastrophe
LE MONDE | 27.12.04 | 14h03

"Je me suis retrouvé projeté à cent mètres, avec des débris qui passaient autour de moi dans tous les sens, témoigne un Anglais en vacances sur l'île. Puis des femmes qui criaient, des cris que je n'oublierai jamais".

Phuket (thaïlande) de notre envoyé spécial

A l'hôpital de Patong, la plus grande plage de l'île thaïlandaise de Phuket, Hathairat Rangsansarti, sage-femme depuis treize ans, ne pensait pas vivre un jour comme celui-ci, où elle ne verrait que des morts. "Il y a rarement plus de deux décès par semaine : des accidents de voiture ou de moto, et puis le sida aussi. Il y a beaucoup moins de noyades qu'avant, car la surveillance est meilleure" dit-elle. Dimanche matin, moins de deux heures après avoir pris son poste à l'hôpital, Hathairat devait s'occuper, avec ses collègues, des premiers cadavres et, dans la nuit de dimanche à lundi, elle était toujours à pied d'œuvre, dans une cour à l'arrière du bâtiment, derrière une table où s'entassent des papiers griffonnés.

Il n'y a que deux places dans la chambre froide de l'hôpital, alors les 57 corps jusqu'alors retrouvés à Patong sont disposés à même le ciment, emmaillotés dans des draps. Dans une petite salle, sur le carrelage taché de sang, cinq autres cadavres attendent. Les parties dénudées sont gonflées, les visages extrêmement tuméfiés. Une trentaine de photos sont collées sur une vitre. Les deux tiers des victimes sont des étrangers, cinq d'entre elles seulement ont été identifiées et il y a trois bébés.

Vers trois heures du matin, une Australienne d'une cinquantaine d'années, Patricia Clayton, s'effondre en larmes quand elle découvre son mari, qu'elle cherchait depuis le matin. Elle était passée plus tôt aux urgences du même hôpital. Les infirmières parlent peu l'anglais, personne n'est chargé du soutien psychologique, et la scène se répétera plusieurs fois dans la nuit.

RUMEURS CONTRADICTOIRES

Le plan de secours local est assez nonchalant. Le reste de la station balnéaire, connue pour ses bars à bière, ses salons de massage et ses hôtels, est étrangement calme : les policiers chargés dans la journée d'interdire l'accès de la zone la plus touchée par le tsunami ont déserté, faute d'effectifs suffisants. Des groupes de jeunes en scooter passent dans les rues jonchées de débris.

Le périmètre dévasté de Patong Beach s'étend de la plage à la rue principale, sur une profondeur d'environ 300 mètres : les deux vagues qui se sont abattues coup sur coup sur la côte ont charrié jet skis, motocyclettes, parpaings, et tout ce qui se trouvait sur leur passage. Ici, deux voitures sont empilées. Là, un bus est en équilibre sur un terre-plein. Les rez-de-chaussée des bungalows, les vitrines des boutiques, les cabines téléphoniques ont été balayés, ne laissant intacts que quelques murs porteurs.

Dans le reste de la petite ville, la vie a rapidement repris son cours. L'électricité, le téléphone, les commerces et la circulation fonctionnaient normalement dès dimanche soir. L'aéroport international de Phuket, fermé après le sinistre, a rouvert en fin d'après-midi. Certains touristes sont partis y passer la nuit en attendant un vol.

A Patong, au bord des piscines et dans les halls des hôtels perchés sur les collines pour les étrangers, le long des routes, dans les camions ou les pick-up, autour de feux de bois pour les Thaïlandais, ceux qui ont tout perdu campent tant bien que mal en attendant le lendemain. Ils ne peuvent encore retourner chercher leurs affaires dans la zone sinistrée. Toute la nuit, mais aussi dans la matinée de lundi, des rumeurs contradictoires parlent de l'arrivée de nouvelles vagues.

Pour ceux qui ont survécu au tsunami de dimanche matin, le réveil fut rude. A Patong, et sur les autres plages du sud de l'île de Phuket, comme Caron et Kata, nombre de personnes se sont retrouvées en situation d'inondation sans avoir rien vu venir. "Tout à coup, j'ai eu de l'eau jusqu'à la ceinture. Et puis la deuxième vague a projeté une femme et son bébé contre ma porte. On a juste eu le temps de s'enfuir en courant sur les hauteurs", dit Charles, un Français en vacances dans un hôtel de Caron Beach.

Jon Gongbrigden, un Anglais en vacances à Patong, une nymphette "bimbo" sur le maillot, est sous le choc de s'en être sorti avec seulement quelques égratignures. "J'ai d'abord senti le tremblement de terre à 7 h 30, puis je me suis levé vers 9 heures et je suis allé acheter des cigarettes. J'étais sur la plage, j'ai vu au loin les bateaux s'élever comme des bouchons, et puis, plus près, un gros catamaran s'est dressé sur sa base, à la verticale. Après, un mur d'eau m'est tombé dessus."

"JE SUIS MONTÉ SUR LE TOIT"

Réfugié sur la terrasse du Crown Oriental avec sa tenue de la veille, incapable de fermer l'œil depuis l'événement, le touriste anglais continue son récit : "Je me suis retrouvé projeté à cent mètres, avec des débris qui passaient autour de moi dans tous les sens. Et puis des femmes qui criaient, des cris de vie ou de mort, que je n'oublierai jamais. J'ai réussi à regagner l'hôtel, je suis monté sur le toit, et la deuxième vague est arrivée."

Après le passage de la première vague à Patong, Jon a prévenu au téléphone une amie de son frère, sur l'île de Khao Lak (plus au sud), juste avant que le tsunami ne l'atteigne à son tour. Mais il n'a plus de nouvelles depuis.

De même, à Ko Phi Phi, la vague a submergé des portions entières de l'îlot où séjournent en saison haute près de 5 000 touristes, dans des bungalows à quelques mètres à peine au-dessus du niveau de la mer. Lundi matin, on comptait 400 morts dans la zone de l'île de Phuket, la "perle du Sud", ainsi que les provinces côtières de Phang-Nga et de Krabi, et toutes les petites îles au large de la mer d'Andaman. Il y aurait au moins autant de disparus.

Brice Pedroletti
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.12.04
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MessageSujet: Re: A Phuket, le rêve touristique a tourné à la catastrophe   Lun 27 Déc - 19:01


PHUKET (Thaïlande), 27 déc (AFP)
A Kho Phi Phi, "la vague m'a fait passer à travers une cabane en bambou"

"J'ai été sous l'eau pendant dix secondes. La vague m'a emporté pendant au moins cent mètres et m'a fait passer à travers une cabane en bambou. J'ai vraiment cru que j'allais mourrir". Dan, Debehil, un Australien de 27 ans, est un rescapé de Kho Phi Phi.

Assis sur la plage avec sa petite amie et un couple de copains, il a été surpris comme tout le monde par la déferlante venue troubler la quiétude d'un dimanche ensoleillé, apparement normal, sur cet îlot idyllique du sud de la Thaïlande.

"Nous nous sommes dit: ouah, regarde ça, c'est bizarre. Et puis on s'est mis à courir quand la vague était à 15 mètres de la plage", se souvient-il.

L'eau dévaste tout sur son passage et l'emporte. Sensation de machine à laver, le corps se désarticule, heurte les obstacles et perd la notion des distances et du temps.

Dans le chaos, le jeune touriste tente de s'accrocher à un point fixe mais ne trouve que gravas et détritus flottant à la surface du village englouti.

En quelques minutes, emportée par le reflux, l'eau se retire.

"Les gens criaient. +Aidez-moi, aidez-moi !+. Je n'ai pas vu de morts", raconte-t-il. Ses copains et sa petite amie ? "Je ne sais pas où ils sont".

Très vite, vient l'angoisse d'une seconde vague. "J'ai dû m'asseoir parce que j'avais des vertiges. Mais je voulais me sortir de là et j'ai réussi à monter sur un toit, une espèce de véranda", poursuit-il.

Rapidement, il parvient à gagner un pub qui a résisté à la vague destructrice et qui accueille les survivants les uns après les autres. "Certains étaient vraiment très mal. Un d'entre eux ne cessait de vomir. Il y a avait beaucoup de jambes cassées".

Il y passe sa journée. Les valides interviennent avec ce qu'ils peuvent, les trousses de secours de voyages, les pansements de fortunes. Dan reçoit de l'aide, de l'affection, de cette attention qui réconforte en pareille circonstance.

"Les étrangers ont été formidables. On venait me nettoyer mes plaies toutes les trente minutes", dit-il avec gratitude.

En toute fin de soirée, vers 23 heures, un bateau de la marine thaïlandaise embarque une cinquantaine de blessés, dont lui. Soigné à l'hôpital Wachira du centre de Phuket, il y rencontre Khun Wan, la propriétaire d'un petit hôtel situé à cinquante mètres de là, où il est désormais logé gratuitement avec d'autres rescapés.

"Je veux juste aider les gens", répète inlassablement la patronne. "C'est gratuit. Je lui ai donné de la nourriture".

Dan a une épaule cassée, plusieurs dizaines de points de suture sur le visage et des écchymoses un peu partout sur le corps. Il passe son temps entre l'hôpital où il fait laver ses plaies, et la terrasse de l'hôtel.

Sur un morceau de papier, il a couché un numéro de téléphone où il espère obtenir des nouvelles de ses proches. Son regard se perd de temps en temps dans le vide. L'inquiétude de les avoir tous perdus se mêle à l'incrédulité d'être encore en vie.

L'île de Phi Phi Don, vendue dans les dépliants comme un petit "paradis", est selon ses dires complètement rasée. Tout ce qui n'était pas en béton s'est volatilisé et de nombreuses victimes ont probablement été ensevelies sous les débris.

Un client de l'hôtel, la cinquantaine, s'approche. Il offre chocolats, paquet de chips et cigarettes. Dan apprend en même temps d'un autre touriste qu'un certain Paul, un "grand type avec des tatouages", est en vie et s'inquiète sur son sort.

Dan sent les larmes lui monter aux yeux. En voilà un de vivant. Mais toujours pas de nouvelles de sa petite amie et de ses deux copains.

"Quelle expérience terrible. J'ai perdu ma copine. Tu sais quoi ? Je pense que j'aurais préféré mourir".
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