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 Elan de dévouement en Thaïlande

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MessageSujet: Elan de dévouement en Thaïlande   Mar 4 Jan - 9:36


Elan de dévouement en Thaïlande

Rescapés, proches de disparus et bénévoles se consacrent en masse aux opérations en cours.

Par Solenn HONORINE
mardi 04 janvier 2005 (Liberation - 06:00)
Phuket envoyée spéciale

dans le bus affrété pour relier Khao Lak à Phuket, une cinquantaine de volontaires se partagent un en-cas : riz et saucisses. La journée a été longue. Il est 17 h 30, et cela faisait huit heures qu'ils travaillaient dans le temple de Yan Yao. Accueil des familles de victimes qui recherchent leurs proches, organisation des opérations et, surtout, transport des corps de noyés à partir de la cour en plein air où ils sont étendus ; jusqu'à l'office des médecins légistes où ils sont identifiés. Dans ce bus, l'odeur de mort est écoeurante, entêtante : elle colle aux vêtements, aux cheveux. Pourtant, les discussions vont bon train entre les volontaires, et une femme s'empare du micro du chauffeur et entonne un chant thaïlandais. D'autres la suivent dans un karaoké improvisé.

Ces volontaires font partie d'un groupe venu de Bangkok pour participer au travail de ramassage des corps après la catastrophe. Parmi eux, une vieille femme, Nan, est arrivée hier pour rechercher des membres de sa belle-famille, qui travaillaient sur l'île de Phi Phi. Ils ont tous disparu. «Le premier jour, j'ai pleuré. Mais maintenant, je suis contente d'être restée ici et de pouvoir être utile», confie-t-elle en pinçant le bras de sa voisine, les yeux rieurs. Elle lance une blague en thaï, ses copines se marrent. Difficile de croire qu'elles ont charrié des cadavres mutilés toute la journée.

Chaque matinée, les volontaires se pressent à la cellule de crise installée à l'hôtel de ville de Phuket. Sans eux, le travail aurait été impossible. «Au début, je ne voulais pas aller voir les corps, j'avais peur de ne plus pouvoir être capable de manger quoi que ce soit après», raconte Alia Sirinarakorn, jeune fille de 23 ans. Elle est venue de Bangkok avec sa mère lorsqu'elle a appris qu'ils manquaient de traducteurs pour encadrer les touristes à la recherche de leurs proches. «Maintenant, je n'ai plus peur. Ces corps sont si déformés et laids qu'ils se ressemblent tous, alors, au bout d'un moment, ça ne vous fait plus rien», dit-elle.

Congé. L'élan de solidarité des Thaïlandais est impressionnant. Depuis vendredi, les habitants de la région ont été rejoints par de nombreuses personnes du reste du pays, qui ont profité du début des vacances pour venir contribuer spontanément à l'effort général. «Lorsqu'elle a appris la nouvelle, ma soeur m'a appelé pour me dire qu'il fallait qu'on vienne ici, qu'on avait besoin de nous. Alors, j'ai posé un jour de congé et j'ai pris l'avion», explique Duangkaew Pattanawibool, 27 ans, venue à ses frais avec dix amies. Dans tout le pays, la solidarité s'organise. Le ministère de la Santé a affrété des avions de l'armée pour transporter des volontaires avec des connaissances en premier secours. A Bangkok, des jeunes filles en uniforme d'écolières recueillent des dons dans la rue. Tout le monde jette un billet dans leur urne, même les petits marchands de fruits à 10 bahts. «Les Thaïlandais sont formidables, pour cela que je reviendrai dans ce pays», confie une touriste allemande qui a perdu son mari. Un colonel de l'armée thaïlandaise s'excuse de la catastrophe auprès d'un groupe d'étrangers qui monte dans une voiture en partance pour Khao Lak. A l'arrière du pick-up, Bill l'Américain raconte qu'il a pris un avion de Malaisie, où il était en vacances, pour prêter ses bras et sa bonne volonté. Comme lui, quelques Occidentaux sont venus offrir leurs services, mais ce sont surtout les Thaïlandais qui forment le gros des volontaires. Dans un pays bouddhiste, faire une bonne action permet de remplir ses obligations religieuses. «Lorsque j'étais étudiant en Espagne, je suis tombé malade et les gens m'ont aidé. Il fallait que je leur rende la pareille», dit Sombat Wattanakul, qui a partagé une voiture avec cinq amis pour couvrir les quinze heures de route qui séparent Bangkok de Phuket. Ses yeux rougissent. «Depuis mon arrivée ce matin, je n'arrête pas d'avoir la chair de poule. Mais je pense que je vais tenir le coup.»

Incinérer. Chatnee Tingsapat a mobilisé l'association des artistes de Phuket pour assister les secours. Jeudi, il est parti à la recherche de corps, les ramenant au temple de Lak Keam, à Khao Lak. Il a accompagné une famille suisse, qui avait réussi à identifier la dépouille de leur père et mari, ainsi que de trois de leurs amis. La femme, médecin, a décidé de les incinérer sur le champ. Chatnee s'est assis avec eux en priant. «Dans une situation comme celle-là, vous ne pouvez pas ne rien faire.»
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