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 Les ratés de l'aide aux victimes du tsunami

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: Les ratés de l'aide aux victimes du tsunami   Sam 22 Jan - 13:11


GÉNÉROSITÉ Mauvaise coordination, absence de contrôle, concurrence entre associations pèsent sur l'utilisation des fonds, mais les ONG promettent de rendre des comptes

Les ratés de l'aide aux victimes du tsunami

«Sur la somme que j'ai donnée pour l'Asie, quel pourcentage parvient réellement à destination?» Cette question revient régulièrement dans la bouche des Français qui, bouleversés par les terribles images du raz de marée asiatique, ont déboursé en quelques semaines plus de 104,5 millions d'euros pour aider les victimes. Face aux interrogations, l'Unicef s'apprête à mettre en place une plate-forme téléphonique spécifique destinée à rassurer les donateurs. Tous les spécialistes de l'aide humanitaire s'accordent à dire que la transparence devrait être plus importante que d'habitude sur cette opération placée sous les feux des médias. Mais la faiblesse des contrôles des organisations non gouvernementales (ONG) et les risques, bien réels, de détournement sur le terrain, laissent planer le doute sur l'affectation des millions de la générosité.

Corinne Caillaud et Marie-Estelle Pech
[22 janvier 2005]

Depuis le scandale des détournements de l'ARC, qui a sérieusement ébranlé la confiance des donateurs, les associations affichent toutes la même volonté de transparence. La catastrophe du tsunami leur fournit l'occasion de le prouver. Mais la polémique engagée par Médecins sans Frontières, qui a récemment demandé l'arrêt des dons à l'Asie pour son association, a relancé le débat sur l'utilisation des fonds. «MSF fait de la politique, car ils savent que la prochaine fois ils auront deux fois plus de dons», répond un responsable du Secours catholique.


La plupart des associations ont pris l'engagement de réserver les sommes reçues aux victimes du tsunami. Toutefois, sur les sites Internet, les dons pourraient parfois se confondre dans des comptabilités ouvertes à d'autres causes humanitaires. Certaines ONG ont d'ailleurs rectifié le tir, comme Action contre la faim.

La traçabilité des dons tend à se clarifier, confirme Michel Destot, député PS et président d'une mission parlementaire d'information sur les ONG françaises. «L'idée demeure que Crozemarie [l'ex-président de l'ARC] règne un peu partout, reconnaît-il, mais n'oublions pas que ces associations font généralement preuve d'un esprit éthique important.»


Sur le terrain, le lien entre le don et son affectation reste néanmoins difficile. Au-delà des promesses de clarté des associations, ce n'est qu'en se reportant au rapport annuel de chacune que le donateur pourra trouver une information précise. Or, seule la moitié des 28 ONG françaises étudiées par l'Observatoire de l'action humanitaire, un organisme français indépendant, publie régulièrement des rapports d'activité et des comptes d'emploi de leurs ressources. «Savoir si l'argent des Français envoyé en Asie est bien employé implique aussi de savoir par exemple si un hôpital a été reconstruit au moindre coût. Dispose-t-il de personnel compétent ? A-t-il des pharmacies convenablement pourvues ?» explique Marc-Antoine Perouse de Montclos, président de l'observatoire.


Deux organismes officiels, la Cour des comptes et l'Igas, exercent certes un contrôle a posteriori et épinglent régulièrement des dérapages. Mais, contrairement aux pays anglo-saxons, qui font appel à des cabinets d'audits, la règle en France est celle de l'auto-évaluation. Selon le président de la mission parlementaire sur les ONG, le contrôle interne est généralement efficace. «À partir d'un certain budget, ils font appel à un commissaire aux comptes, explique Michel Destot. Ils ont une réticence fondamentale à l'évaluation sous couvert d'indépendance. Mais c'est en train d'évoluer.» Les rapports négatifs «finissent le plus souvent sous le boisseau», estime Marc-Antoine Perouse de Montclos.


Le Comité de la charte, composé de membres du monde associatif, exerce une action de contrôle. Mais il ne s'est pas prononcé sur la question controversée des «ratios», à savoir la répartition entre les fonds affectés aux destinataires et les frais de fonctionnement (locaux, salaires, communications, mailings). Des frais de plus en plus élevés et qui peuvent représenter entre 7% et 30% des ressources selon les ONG. Les raisons de ces disparités sont complexes puisque, selon le mode de gestion, le bilan peut se présenter sous des angles différents.


Les organisations contactées reconnaissent qu'un afflux massif d'argent favorise parfois les gaspillages. Mais elles considèrent que les besoins de base des populations sinistrées sont encore loin d'être couverts. «Il n'y a sans doute jamais trop de dons. Qui peut se targuer de fixer une limite en la matière ?» demande le député Michel Destot. Les secours ont souvent précédé l'évaluation des dégâts. Du coup, les ONG d'urgentistes se sont parfois retrouvées en surnombre. Selon Action contre la faim, «les premières semaines, c'était compliqué de s'y retrouver entre les militaires, les opérateurs humanitaires et les opérateurs privés.» Selon le Secours islamique de France, quelque 200 associations sont présentes à Banda Aceh (Indonésie), alors que ce n'est pas dans cette ville qu'il y a le plus de besoins mais plutôt dans la plaine côtière. Selon les spécialistes de l'humanitaire, il est difficile de coordonner sur place l'action des ONG, qui tiennent à leur indépendance. L'ONU est censée assurer cette tâche mais toutes les associations ne se rendent pas à ses réunions.


Le risque de double emploi est important. Selon Christian Bader, sous-directeur des opérations humanitaires à la délégation à l'action humanitaire au Quai d'Orsay, «on ne sait pas toujours ce que font les toutes petites ONG qui partent en free lance. Elles ne sont pas très efficaces. On voit que ça se passe mal quand elles nous demandent des traductions, de l'aide.»


La mission parlementaire, qui a aussi travaillé sur le cas de l'aide au Cambodge, a constaté un certain émiettement des dons. Il arrive que 10 ou 20 ONG travaillent sur le même sujet. «Au Cambodge, beaucoup d'associations se sont embarquées dans la lutte contre le sida car les fonds communautaires européens étaient fléchés sur cette maladie. Ce n'éta
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