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 Dossier : Tourisme mondialisé ''Le marché de la misère''

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Thaïlande - Cambodge
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MessageSujet: Dossier : Tourisme mondialisé ''Le marché de la misère''   Mer 12 Jan - 17:35



Dossier : Tourisme mondialisé ''Le marché de la misère''

Difficile de parler du tourisme dans les pays du Sud, sans s'attaquer à l'épineuse question du tourisme sexuel. Ce secteur touche souvent les jeunes femmes, les adolescents et adolescentes voire des enfants. Un million de mineurs rejoignent chaque année, dans le monde entier, les rangs des victimes du tourisme sexuel et de la prostitution organisée. Lucrative activité, dont le profit se chiffre en milliards de dollars ; industrie en pleine croissance à l'Est comme à l'Ouest, au Nord comme au Sud de la planète tant la « demande » est forte et l'offre sans limites.

Selon une enquête menée au Cambodge et en Thaïlande avec la collaboration de l'Unicef, qui en 2000 a coopéré avec 162 pays pour résoudre le problème, quelques 600 millions de touristes parcourent chaque année le monde, dont 10% auraient le sexe pour seule motivation. En Thaïlande (10 millions de touristes chaque année), le chiffre d'affaires lié au tourisme sexuel représenterait 12% du PIB. Dans ce pays environ un tiers des femmes engagées dans la prostitution sont des mineures. Au Cambodge, 55.000 prostituées exercent dans 3000 bars, karaokés et salons de massage.

Au-delà des chiffres, ce sont les visages de Teaw, 15 ans, Saream, 16ans, paysannes pauvres enlevées au Cambodge pour être prostituées en Thaïlande, que leurs parents doivent racheter. Ce sont aussi les gamins des rues de Phnom-Penh qui cèdent aux avances des pédophiles occidentaux rôdant sur les bords du Mékong. À cause de l'exploitation sexuelle infantile des milliers d'enfants sont traités comme de simples marchandises dans les pays affectés. En Asie du Sud-Est, ils sont devenus un moyen de survie, et dans les zones rurales, on les utilise habituellement dans le but d'alléger la situation de pauvreté de la famille. Les parents vendent leurs enfants à des proxénètes pour des sommes dérisoires, en croyant qu'ils les amènent en villes pour apprendre un métier, alors qu'en réalité, on les oblige à exercer la prostitution.

Pourquoi les mineurs se retrouvent sur le marché du sexe

Une fois qu'il est introduit dans le marché du sexe, le mineur a de plus en plus de difficultés pour trouver d'autres sources de revenu, étant donné que l'absence d'éducation adéquate, la mauvaise santé ou les stigmates sociaux, que supposent avoir pratiqué le tourisme sexuel, sont les grands obstacles pour sa réinsertion dans la société avec un travail décent.

Généralement, il y a plusieurs facteurs qui amènent un mineur à être victime de la prostitution. La pauvreté, l'inégalité et les problèmes liés aux dettes des parents sont les principales causes bien qu'elles ne soient pas les seules. Dans le cas de la société asiatique, le changement des valeurs et des attitudes qui surviennent : la mondialisation et la surconsommation sont la cause du fait qu'il y ait des enfants qui vendent leurs corps en échange d'articles de consommation comme des tee-shirts, des livres, …La possession, l'avoir, s'est converti en une des valeurs les plus importantes. Le sexe est vu comme une forme de liberté, qui permet d'accéder à toutes les commodités matérielles. Selon ECPAT, il arrive même parfois que « certains parents vendent leurs enfants pour pouvoir s'acheter des télévisions, réfrigérateurs, … » Les deux sœurs Nung et Noy sont parties se prostituer à la ville en toute connaissance de cause, encouragées même par la mère, visiblement « contente » de leur « réussite » matérielle. L'ambivalence est telle que maintenant les voisins du village les envient, car les parents avec l'argent des passes, ont pu faire construire une maison et acheter des terres…

Il y a cependant des cas où l'unique forme de vie qu'a connue le mineur a été la prostitution, puisque sa famille vit dans le marché du sexe, donc il suit ce même chemin, sans avoir le choix d'une autre voie.
D'autres causes comme la toxicomanie, le démembrement de la famille…sont des facteurs qui conduisent le mineur vers les filets de la prostitution. Malgré les stigmates et les dangers que provoque la prostitution, le travail sexuel est mieux payé que la majorité des alternatives accessibles aux jeunes filles qui généralement n'ont pas reçu de formation.

Dans tous les cas où les victimes sont des mineures, elles se retrouvent sans défense face aux structures créées et les intérêts en jeu dans ce secteur. Beaucoup parmi ces enfants et adolescents retourneront difficilement travailler au champ ou avec leur famille ; leur retour à une vie décente ou à la récupération de leur amour-propre se révèle très difficile.

Tant qu'on utilisera comme réclame pour le tourisme d'un pays des valeurs comme la surconsommation et l'hédonisme, on continuera de créer un climat qui permette et tolère l'exploitation sexuelle y compris celle des enfants.

La communauté internationale se mobile contre ce fléau

L'attention de milliers de personnes s'est fixée sur ces situations en août 1996, lorsqu'a eu lieu à Stockholm la première conférence mondiale contre l'exploitation commerciale des enfants. Le congrès, organisé par ECPAT, UNICEF et le gouvernement suédois, supposa la concentration de plus de 1.200 représentants de gouvernements et d'ONG avec pour unique but la lutte contre l'exploitation sexuelle infantile. Un commerce multimillionnaire qui est favorisé par les cadres légaux et ambigus qui l'entourent.

L'objectif, pour l'an 2000 de cette première conférence mondiale, était d'obtenir un minimum de 122 plans nationaux qui supposeraient une amélioration de la situation de l'enfance dans le monde. Cet objectif n'a pas été atteint ! Seuls 25 pays ont actuellement adopté des plans nationaux.Des pays comme la Thaïlande- avec plus de 200.000 cas d'exploitation sexuelle infantile- ou l'Inde- avec plus de 400.000-, sont encore très loin d'encourager la protection de l'enfance.

La défense des droits des enfants doit être plus grande que celle des adultes. Tomber dans les filets de la prostitution a des conséquences terribles. Les dommages physiques (la majorité d'entre eux sont battus jusqu'à ce qu'ils acceptent de coucher avec les clients) ou psychologiques sont irréparables. Beaucoup d'entre-eux finissent dépendant de la drogue ou contaminés par le SIDA.

Malgré l'adoption de mesures législatives sur les abus sexuels dans plusieurs pays du monde, elles sont insuffisantes tant que le tourisme sexuel continue d'exister et même de s'accroître. Le comportement des touristes sexuels changerait seulement s'ils croient qu'il existe des risques d'être poursuivis pour avoir des relations sexuelles avec un mineur pendant les vacances. Les procès contre les touristes qui ont lieu dans les pays connus pour le tourisme sexuel n'aboutissent pratiquement jamais. C'est pourquoi la Communauté européenne a sollicité une législation communautaire extraterritoriale pour tous les pays qui la composent qui permette de faire front à cette situation déplorable. Au Grand-Duché, l'article 10 de la loi du 31 mai 1999 relative à l'exploitation sexuelle des enfants permet de juger au Luxembourg toute personne ayant commis à l'étranger un abus sexuel sur un enfant, même si le fait n'est pas puni par la législation du pays ou l'abus a eu lieu. L'abuseur encourt en effet, jusqu'à 15 années de prison.

À cette loi extraterritoriale, des mesures de sensibilisation adressées aux agences de voyage, de transport et aux touristes, ont été menées. Elles sont indispensables dans cette lutte contre l'exploitation sexuelle infantile.

En conclusion

Le marché du sexe en Thaïlande rapporte chaque année plus d'un milliard et demi d'euros et certains tours opérators proposent sur internet des circuits spécialisés dans le sexe. Ils omettent de dire de préciser que la plupart des prostituées sont séropositives et travaillent par nécessité économique. Et aujourd'hui s'il y a moins de jeunes Thaïlandaises dans les bordels de Bangkok, elles sont remplacées par de jeunes Chinoises ou Birmanes.

Sources :
Claire Brisset : Enfances décomposées, le Monde diplomatique, août 1996.
Unicef : A qui profite le crime ? New York 2001
www.anesvad.org
www.ecpat.net

Source : http://www.astm.lu/article.php3?id_
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